La plus grosse bulle de l’histoire financière : un monstre de 100 trillions de dollars

Extrait de : La plus grosse bulle de l’Histoire est sur le point d’éclater, IMG Auteur, Phoenix Capital 10 décembre 2014

En tant qu’investisseur, votre plus gros souci ne devrait pas être de savoir quelles actions acheter, mais ce qui se passera quand la bulle sur les obligations aura éclaté.

Pendant plus de trente ans, les pays occidentaux ont tenté de contourner le déclin de la qualité de vie en émettant de la dette. Pour faire simple, disons que les nations souveraines ont dépensé bien plus que ce que leur permettaient leurs recettes fiscales, et qu’elles ont décidé d’émettre de la dette (ou d’emprunter de l’argent) pour financer leurs divers programmes sociaux.

Cette situation nous était autrefois présentée comme un problème temporaire. Mais comme les politiciens nous l’ont prouvé à maintes reprises, un excès de dépenses n’est jamais temporaire. Aujourd’hui, 47% des ménages américains bénéficient d’une forme ou d’une autre d’aides sociales émises par le gouvernement. Une telle situation n’est pas temporaire… elle est endémique.

Toutes ces dépenses sont financées grâce à de la monnaie empruntée, d’où la bulle sur les obligations, la plus grosse bulle de l’histoire financière : un monstre de 100 trillions de dollars qui gonfle désormais de plusieurs trillions de dollars tous les quelques mois.

Et je n’écris pas ça pour donner de l’effet à ce que j’écris. Les Etats-Unis ont à eux-seuls émis plus d’un trillion de dollars de nouvelle dette au cours de ces huit dernières semaines.

Pourquoi ? Parce qu’ils ne disposent pas de l’argent nécessaire au remboursement de leur dette passée qu’ils doivent aujourd’hui rembourser… alors ils émettent de la nouvelle dette pour obtenir l’argent nécessaire au remboursement de leur dette la plus ancienne.

Voilà qui a tous les airs d’une combine à la Ponzi… mais les Etats-Unis ne sont pas les seuls à en faire ainsi. A l’échelle globale, la bulle sur la dette souveraine représente plus de 100 trillions de dollars. Toutes les grandes nations du monde enregistrent un ratio dette/PIB de plus de 100%, qui n’inclue que la dette présente sur leurs bilans… et ne prend pas en compte les passifs non capitalisés que sont par exemple Medicare et la sécurité sociale.

C’est pourquoi la Fed et toutes les autres banques centrales du monde sont terrifiées à l’idée de voir grimper les taux d’intérêt : parce que tout ce qui ressemble de près ou de loin à une normalisation des taux d’intérêt est synonyme de banqueroute pour de nombreux pays.

Souvenez-vous que lorsque les taux d’intérêts fluctuent, ils ont tendance à le faire rapidement. Prenons l’exemple de l’Italie. Le pays était considéré un pilier de l’Union européenne depuis l’adoption de l’euro en 1999. Pour cette raison, les marchés étaient satisfaits de prêter à l’Italie à taux stables avec un taux de rendement des obligations italiennes sur dix ans de moins de 5% pendant près d’une décennie.

Et puis en quelques semaines, les rendements des obligations italiennes ont flambé pour passer au-dessus des 7% : le niveau tant redouté auquel un pays est considéré insolvable et en route vers le défaut. Il a fallu que la Banque centrale européenne établisse des mécanismes de prêt extraordinaires (Opérations de prêts à plus long terme 1 et 2, de l’ordre de plusieurs centaines de milliards d’euros… pour une économie de deux trillions d’euros) pour pouvoir sauver l’Italie d’un effondrement systémique potentiel.

L’Italie est passée d’un pilier de l’Europe à une nation insolvable en seulement quelques semaines… parce que ses taux d’intérêt ont atteint 2% de plus que leur niveau habituel.

Et l’Italie n’est pas seule dans cette situation. Les nations occidentales en général sont dans un état similaire. C’est pourquoi le quantitative easing a été un outil monétaire si populaire auprès des banques centrales (depuis 2008, elles ont dépensé plus de 11 trillions de dollars pour acheter des actifs, habituellement des obligations souveraines). Le QE n’a jamais eu pour objectif de créer des emplois et de générer la croissance… il n’a jamais été rien de plus qu’une tentative désespérée des banques centrales d’établir un palier sous le marché des actions pour que les taux ne grimpent pas.

C’est aussi pourquoi les banques centrales ont maintenu les taux d’intérêts à ou sous zéro. Elles ne peuvent pas se permettre de laisser les taux grimper.

Aux Etats-Unis, chaque pourcentage de hausse des taux d’intérêt est synonyme de 150 à 175 milliards de dollars de paiements d’intérêts supplémentaires par an.

Oubliez les actions, oubliez les systèmes d’évaluation, le vrai problème est ce qui se passera quand la bulle sur les obligations aura éclaté. Quand cela se produira, ce ne seront pas des banques qui feront faillite, mais des nations entières.