Frais bancaires en hausse, même un singe pourrait diriger une banque canadienne.

Tellement facile, quand il n’y a aucune compétition, de plus il dépense plus de 500 millions de lobbyings par année juste pour maintenir ce beau système d’oligarchie.

Je vous laisse un petit texte à la fin de Léo Paul Lauzon pas toujours d’accord avec lui sur certains sujets, par contre sur ce cas-là, on est en résonnance.

J’oubliais, il faut qu’il fasse de gros profits pour émettre des dividendes pour satisfaire les financiers et les fonds de retraites.

Ah oui, pour qui ? Pour la moitié du peuple qui vive à la semaine ou les ‘papy et baby bommers’ qui ont du patrimoine ?


Extrait de : Des frais bancaires en hausse, Argent, Chu Anh Pham, Le 25 avril 2015 à 4h01 | Chu Anh Pham / ArgentMise à jour le 25 avril 2015 à 5h21

Les consommateurs doivent s'attendre à de nouveaux frais bancaires de leur institution financière. Une panoplie de services sont touchés, comme les transactions, l'impression de livret ou le transfert de régimes enregistrés.

À la Banque Nationale, les différents forfaits à frais fixes grimperont de 2$ à partir du 4 mai: de 6,25 à 8,25$ pour le programme «Accès Direct». La tenue de compte au moyen d'un livret va disparaître, à l'exception des comptes déjà ouverts. N'empêche, il en coûtera 25 cents de plus par mois à 2,50$. Recevoir un relevé par la poste passera de 2$ à 2,50$ et transférer un certificat de placement garanti vers une autre institution financière coûtera deux fois plus cher: 100$ au lieu de 50$.

À la BMO, la plupart des programmes mensuels grimperont de 1$ par mois. C'est le cas du programme «Plus» qui autorise 30 transactions par mois; son coût augmentera à 10,95$, et ce, à partir du 1er mai. De plus, ceux qui effectuent jusqu'à 12 transactions à partir de multiple comptes ne pourront plus bénéficier du programme «Pratique» à 4$ puisqu'il ne couvrira plus que 2 comptes plutôt que 20.

À la RBC, les changements surviendront le 1er juin. La plus grande banque au pays repousse l'âge d'admissibilité des personnes âgés pour l'obtention de rabais sur certains comptes: 65 ans plutôt que 60 ans. Et émettre un chèque certifié coûtera désormais 20$, soit 5$ de plus.

Une aberration, selon le président du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC), Daniel Thouin.

Banque canadienne«À partir du moment où le frais représentent plus de 40% des profits des institutions financières, augmenter les frais est un gain immédiat pour eux.

Et cela ne coûte rien aux banques. Cela ne leur demande pas d'effort, cela ne leur demande pas de repositionner leur main d'oeuvre ou leur salaire. C'est encore le consommateur qui va être pénalisé. » Même les changements technologiques, comme le dépôt d'un chèque grâce à une photo, ne peuvent expliquer ces hausses.

«Si le chèque est envoyé par courrier électronique, ils n'ont pas à le manipuler physiquement. Tout ce qu'ils font, c'est d'économiser sur notre dos.»

Pour l'organisme Option Consommateurs, il faudrait que le gouvernement fédéral impose des plafonds. «Le problème en matière bancaire, c'est qu'il y a très peu de compétition entre institutions financières. Ça bouge rapidement et les consommateurs se sentent peut-être pris au piège», explique l'avocate Sylvie De Bellefeuille.

Bon Dieu !, cela fait longtemps que nos politiciens sont achetés par Bay Street

Il se réjouit toutefois de l'ouverture et de l'écoute démontrées jusqu'à présent par les autorités canadiennes à l'égard de son secteur bancaire.

Il se félicite, par exemple, de l'opposition «farouche» et «courageuse» du gouvernement Harper contre le projet européen de taxe sur les transactions financières. (1)

Desjardins se prépare aussi à une série de modifications qui seront en vigueur le 1er juillet prochain.  Pour le moment, la coopérative refuse de transmettre ces changements, préférant d'abord aviser ses membres le mois prochain.

À la Banque TD, des changements sont survenu le 2 mars dernier. Le solde mensuel minimal requis pour l'exonération des frais mensuels ou d'opération de certains comptes a été relevé. Autre exemple: les frais d'insuffisance de fonds sont également passés de 45 $ à 48 $.

À la Banque Laurentienne, il n'y a pas eu de changements aux frais de base depuis 2013 et aucun changement n'est prévu pour le moment.


Extrait de : Banques : Les profits records ne suffisent pas, Léo-Paul Lauzon, 17 décembre 2013

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Encore des profits records Notre confortable oligopole bancaire canadien (c’est la revue The Economist qui le dit) vient de réaliser une fois de plus des profits records pour réaliser une fois de plus des profits records pour l’année 2012-2013. 4,2 milliards$ pour la Banque de Montréal, 6,7 milliards$ pour la Scotia, 8,4 milliards$ pour la Royale, 3,4 milliards$ pour la CIBC et 6,7 milliards$ pour la TD. Well done! Qui paie ces gros profits sinon vous et moi?

Gros profits records sans prendre pratiquement aucun risque, puisque les prêts problématiques sont effectués par les institutions financières d’État, comme la Banque de développement du Canada, la Société canadienne d’hypothèque et de logement, la Banque de développement du Québec et par tous les ministères. Si les banques, toujours assoiffées d’argent vite fait, perdent du fric en misant sur des instruments dérivés et des papiers commerciaux pourris, n’ayez crainte, Québec et Ottawa vont s’empresser de les secourir avec l’argent du public, comme ce fut le cas lors de la crise financières de 2008 : «Les banques canadiennes ont reçu des milliards en aide» (La Presse, 1er mai 2012).

Pour de plus gros profits records, les banques exigent des baisses d’impôts et plus d’abris fiscaux Même si tout le monde sait que le Canada est un paradis fiscal pour les banques et les entreprises et en débit de profits records engrangés à chaque année, elles exigent quand même des baisses d’impôts tout le temps : «Les banques canadiennes veulent un assouplissement du régime fiscal» (Le Devoir, 16 août 2011). Assouplissement (quel joli nom) du régime fiscal même si : «Entreprises canadiennes : des taux d’imposition parmi les plus bas au monde» (La Presse, 5 mars 2010). Il y a aussi : «Le Canada, champion de la compétitivité fiscale» (25 septembre 2012). Voulez-vous vraiment d’autres preuves?

Et, évidemment, afin de remplir davantage leur gros cochon, elles exigent la privatisation des pensions de retraite et de la santé publique et demandent plus d’abris fiscaux comme les REER, les CELI, les REEE, etc., qu’elles vont administrer et s’opposent dans à l’encadrement de leur évasion fiscale dans les paradis fiscaux.

Prenons le cas de la Banque de Montréal Comme je vous l’ai mentionné, la Montreal Bank a réalisé un énième profit record en 2013 de 4,2 milliards$. Incroyable mais vrai, les détenteurs de capitaux furent franchement déçus et même vexés d’un si «petit» profit. Le marché s’attendait à beaucoup plus. Ça fait que la journée de l’annonce de ces «maigrichons» bénéfices, l’action de la Banque de Montréal a perdu 3,28$, soit 4,5% de sa valeur. Cé ben pour dire. C’est comme si un employé serait insulté de recevoir une hausse de salaire record. C’est carrément pas seulement indécent, mais criminel de vouloir à tout prix et par tous les moyens d’en vouloir plus que les profits records «décevants».

Flusher d’autres employés et recourir à la venue d’étrangers au Canada même Afin d’améliorer «l’efficacité de leurs activités», mots propres de la Banque de Montréal qui vient d’annoncer l’élimination de 1000 postes de plus afin de ne plus décevoir à l’avenir les détenteurs de capitaux avec d’aussi «petits» profits. Au diable le sort de ces employés passés au moulinet. Ils n’auront qu’à aller se faire voir ailleurs. L’important est de satisfaire le bien-être des actionnaires et des dirigeants : «Banques canadiennes : 10 milliards en bonis salariaux» (11 décembre 2012). Bonis salariaux aux boss s’entend. Et, bonnes nouvelles pour les actionnaires : «Banques. De meilleurs dividendes en vue» (27 août 2012). Et des gros en plus de ça : «Banques : un dividende extraordinaire? (18 avril 2013). Gros dividendes et aussi gros rachats d’actions comme vient de le faire la Banque de Montréal.

Et pour faire plus de «cold cash» sur le dos de la population et comme les banques canadiennes ne peuvent pas déménager leurs installations et succursales à l’étranger, comme le font les autres entreprises, pourquoi ne pas faire venir ici même au Canada des travailleurs étrangers payés moins chers avec la bénédiction et l’aide des gouvernements. Fallait juste y penser et embaucher de bons lobbyistes comme les anciens ministres conservateurs Michael Fortier et Jim Prentice, devenus hauts dirigeants à la Banque Royale et à la Banque CIBC : «La Royale s’excuse, mais persiste. Tout au plus, la banque s’engage-t-elle à trouver un nouveau poste aux 45 employés licenciés au profit de travailleurs étrangers» (Le Devoir, 12 avril 2013). Et il y a aussi : «BMO aussi recourt à des travailleurs étrangers. La banque dit toutefois respecter l’esprit de la loi» (Le Devoir, 11 avril 2013). C’est comme pour l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux, les frais bancaires abusifs et les taux d’intérêt quasi-shylockiens sur leurs cartes de crédit, elles respectent en tout temps la loi et son «esprit». C’est pour ça qu’elles font toujours des profits records à chaque exercice. Des activités américaines décevantes pour la Montreal Bank Ah ben, aux États-Unis, les activités de la Banque de Montréal ont été nettement décevantes. Vous m’en direz tant. Au Canada, il est si facile de réaliser des profits records pour nos banques canadiennes qui opèrent dans un cadre oligopolistique. La collaboration plutôt que la concurrence entre banques a bien meilleur goût.

Même un singe bien programmé pourrait diriger une banque canadienne.

Mais aux States, c’est pas pen toute le même environnement, là où nos très chères banques canadiennes qui s’y aventurent ont à se frotter à des centaines de concurrents dans l’industrie bancaire, contre six au Canada, et à affronter des gros joueurs comme Bank of America, JP Morgan Chase, Citigroup, etc. Voilà pourquoi elles délaissent parfois les États-Unis : trop de concurrence «belliqueuse» et agressive. Vous vous demandez toujours pourquoi les frais bancaires de toutes sortes sont plus élevés au Canada qu’ailleurs en général et chez l’Oncle Sam en particulier? Le cas des banques canadiennes illustre bien la vraie nature du capitalisme dans lequel préséance est toujours donnée aux actionnaires et aux dirigeants. Les employés ne sont que des ustensiles jetables et compressibles en tout temps.

Et la Banque Nationale maintenant En gros titres le 5 décembre 2013 : «Banque Nationale. Résultats en baisse; effectif réduit». Imaginez le profit net de 2012 de 1,63 milliards$ a chuté «dramatiquement» à 1,55 milliards$ en 2013. Qu’à cela ne tienne, il a fallu couper dans le gras des employés ordinaires mais surtout pas dans les parachutes dorés des patrons et des vaches sacrées des actionnaires : «La Banque Nationale hausse son dividende (Hourra!). Le bénéfice net a régressé (1) à 1,55 milliards$ pour l’ensemble de l’exercice 2013» (Le Devoir, 5 décembre 2013).

Nos élus à Québec et à Ottawa voient passer ces profits records indécents réalisés par les banques canadiennes. Mais pas question pour eux d’augmenter un tant soi peu leurs impôts. Au contraire, ils préfèrent les baisser et les subventionner davantage. Ils sont plus courageux pour taxer les travailleurs qui s’appauvrissent, d’augmenter les taxes régressives à la consommation et la tarification des services publics. En plus, ils annoncent continuellement des coupures dans nos services publics qu’ils qualifient de «dépenses d’épicerie».