Les médias numériques à la démence digitale

Extrait de : Les médias numériques réduisent les capacités intellectuelles des enfants, Fortunes,  25 avril 2015

Manfred Spitzer, psychiatre et spécialiste du cerveau, met en garde les parents et les éducateurs. Le directeur médical de la Clinique psychiatrique universitaire d’Ulm, a déclenché avec son nouveau best-seller «Démence digitalisée, Comment nous perdons nous-mêmes la raison et la faisons perdre à nos enfants» et ses thèses pointues des échos violents dans les médias.clip_image002Dans son livre, Spitzer étaie, par de nombreux diagnostics neurologiques et de nouvelles connaissances les faits décrits par des spécialistes sérieux des médias, que l’utilisation trop fréquente d’Internet peut rendre bête. Il n’a jamais vilipendé les utilisateurs adolescents et adultes d’Internet.

Dans une interview, il a répondu aux attaques venimeuses de la presse de la manière suivante: «Je n’en fais pas une pathologie, mais je constate: là où il y a des effets, il y a aussi des risques et des effets secondaires.»1 Spitzer ne met pas seulement en garde, il montre aussi ce que les parents, les enseignants et les politiciens peuvent faire pour protéger notre jeunesse.

Ce n’est pas une nouvelle connaissance que la consommation fréquente de la télévision par des enfants en bas âge, des jeux vidéo et des jeux violents pendant des heures, de téléphoner sans arrêt et d’envoyer SMS avec le portable, la publication insouciante de sentiments, de pensées et de photos dans des réseaux sociaux peuvent avoir des effets négatifs sur les pensées, le comportement et les contacts sociaux des enfants et adolescents.

Des scientifiques de médias sérieux et des pédagogues responsables, des juges d’adolescents ou des parents éprouvés d’adolescents dépendants d’Internet ont déjà attiré l’attention sur les conséquences indésirables de l’utilisation excessive des médias.

Dans son nouveau livre, le neurobiologiste Manfred Spitzer a fait un résumé compréhensible des connaissances scientifiques actuelles sur ce thème, il les a complétées par des résultats de recherches physiologiques sur le cerveau et il a alarmé publiquement avec sa mise en garde que l’utilisation trop fréquente des médias électroniques peut faire perdre la raison, à nous et à nos enfants.

Des médias numériques à la démence digitale

Spitzer cite au début de son livre le publiciste américain et expert d’Internet Nicolas Carr qui décrit ses expériences négatives avec l’Internet de la façon suivante:

«Le réseau semble détruire ma capacité de concentration et de contemplation. Mon esprit attend maintenant d’enregistrer des informations exactement de la manière livrée par le réseau: sous forme d’un courant dans un mouvement rapide de petites particules […]. Mes amis disent la même chose: plus ils utilisent le réseau, plus ils ont de la peine à se concentrer en écrivant des paragraphes plus longs.» (p. 14)

Il y a cinq ans, des médecins de la Corée du Sud, un État industrialisé, ultramoderne avec probablement la plus haute médiatisation au plan mondial, ont constaté chez de jeunes adultes, non seulement des phénomènes semblables à ceux que décrivent des intellectuels adultes aux USA, mais aussi des dysfonctionnements de la mémoire et de l’attention, de l’indifférence émotionnelle, de l’abrutissement et des problèmes de lecture de textes.

Comme les personnes concernées ont déclaré utiliser de façon très intensive l’ordinateur et l’Internet, les médecins ont établi un lien de causalité et ont appelé cette maladie «démence digitale».

Digital DementiaD’après Spitzer les médias numériques – ordinateurs, smartphones, consoles de jeux et la télévision – ne changent pas seulement notre vie, mais ils nous enlèvent à nous et à nos enfants «la raison», et font avancer un processus de «régression intellectuelle» (démence). Dans beaucoup de chapitres, il décrit ce processus neurologique et montre de quelle façon la structure du «système dynamique de traitement d’information» du cerveau s’adapte aux exigences changeantes, comment le transfert de la pensée sur des machines endommage le cerveau et comment cet organe dynamique se décompose avec le manque d’entraînement.

A la question sur les effets à long terme de ce monde digitalisé, presque la moitié de plus de 1000 experts d’Internet lors d’un sondage en ligne à fin octobre 2011, ont donné la réponse pessimiste suivante sur l’avenir d’Internet et ses conséquences quant aux capacités intellectuelles de la génération suivante:

«En 2020, les cerveaux des teenagers et des jeunes adultes exerçant le multitasking [exercer plusieurs activités en même temps, R.H.] seront ‹connectés› autrement que les cerveaux des personnes de plus de 35 ans, et cela aura en tout des effets graves et tristes. Ils ne peuvent plus mémoriser, utilisent la majeure partie de leur énergie pour échanger des informations sociales brèves, cela par le divertissement et suite à la distraction d’une vraie occupation profonde avec les êtres humains et les connaissances. Ils n’ont pas la capacité de réflexion fondamentale, et pas non plus celle de nouer des contacts avec une vraie communauté. Ils dépendent surtout de manière malsaine d’Internet et des appareils mobiles, juste pour pouvoir seulement fonctionner. En somme, les changements de comportement et de la pensée conduisent, chez les jeunes gens en général, à des effets négatifs.» (p. 207) Quel beau nouveau monde, celui de l’ordinateur!

Les heures d’utilisation des médias du bas âge à l’adolescence

Le rapport annuel du délégué aux problèmes de toxicomanies du gouvernement fédéral du 22 mai 2012 évoque qu’en Allemagne environ un quart de million des jeunes de 14 à 24 ans sont dépendants d’Internet et 1,4 millions sont des utilisateurs d’Internet problématiques. C’est une multiplication par trois en seulement cinq ans. Ce sont surtout des jeunes hommes au chômage qui sont concernés. (p. 7) Nos adolescents, dit Spitzer, passent tous les jours deux fois le temps de l’ensemble de leurs cours d’école devant les médias. Mais ce ne sont pas seulement les adolescents qui dépendent des médias. Spitzer renvoie au résultat d’un sondage de 2007 effectué parmi 729 mères.

D’après ce sondage, déjà à l’époque «13% des enfants en dessous d’un an, 20% des enfants d’un an, 60% des enfants de deux ans et 89% des enfants de trois ans avaient le droit de regarder la télévision» (p. 139). Le résultat d’une recherche de Spitzer lui-même est également incroyable: En Allemagne, «à 22 heures, ce sont encore 800 000 enfants d’âge préscolaire qui regardent la télévision, à 23 heures ce sont encore 200 000 et même à minuit ce sont encore 50 000 enfants en dessous de 6 ans». (p. 139) Les enfants imitent justement ce que leurs parents leur montrent, résume Spitzer.

L’écran de télévision n’est ni un bon baby-sitter ni un bon enseignant

«Les médias digitaux sont défavorables à l’apprentissage et au développement intellectuel des bébés!» avertit le chercheur sur le cerveau Manfred Spitzer. (p. 154) Beaucoup de recherches scientifiques prouvent que les petits enfants sont activement empêchés d’apprendre avec la «Baby-TV» et des DVD «Baby-Einstein». Une étude américaine de grande envergure de 2007 a conclu: Des petits enfants qui regardent Baby-TV ou des DVD Baby connaissent clairement moins de mots, sont donc retardés dans leur développement linguistique. […] Mais lorsqu’un des parents leur faisait la lecture tous les jours, cela avait un effet positif sur le développement du langage. Raconter une histoire tous les jours avait un effet positif significatif […].» (p. 146)

Malgré tout, le commerce de la télévision a trouvé également dans notre pays un nouveau groupe cible: La baby-télévision une «Industrie de 500 millions de dollars». (p. 136) Il n’est donc pas étonnant que, d’après l’actuel Arztreport 2012 [rapport médical] de la caisse maladie allemande «BarmerGEK» avec le centre d’intérêt «Santé enfantine», chez 1,1 millions d’enfants en Allemagne jusqu’à 14 ans – donc presque 10% – des troubles du développement du parler et du langage aient été diagnostiqués. Chez ces enfants, le schéma normal de l’apprentissage de la langue est entravé, et il n’y a explicitement pas d’indication d’un dommage organique grave comme origine de ces troubles observés. Le plus souvent, ce sont des enfants en cinquième et sixième année qui sont concernés: près de 38% des garçons et 30% des filles.2

La télévision pour bébés entrave non seulement le développement intellectuel et linguistique mais rend aussi obèse, et l’obésité, d’après Spitzer, représente un facteur de risque de santé grave. (p. 154) Les parents ne devraient donc pas se faire refiler des émissions de télévision et des DVD par les sociétés internationales qui, soi-disant, auraient des effets positifs sur leurs bébés.

Consommation de télévision dès la petite enfance, multitasking et troubles de l’attention

«Les têtes d’enfants ont besoin de calme», exige aujourd’hui le chercheur américain sur les ordinateurs et «pionnier du World-Wide-Web», David Gelernter après un travail de recherche pendant des décennies avec Internet.3 Déjà en 2004, le pédiatre américain Dimitri Christakis et ses collaborateurs montrent «que la consommation de télévision dès la petite enfance conduit à la manifestation de troubles de l’attention plus fréquents (c’est-à-dire une perte de contrôle de soi-même) à l’âge scolaire». (p. 249)

Une étude publiée en automne 2011 dans la revue spécialisée en pédiatrie, Pediatrics, confirme ce rapport. (p. 249 sq.) Spitzer trouve honteux que la science n’ait pu confirmer qu’en 2011 ce que les parents et les grands-parents savaient depuis longtemps: Que les enfants, après avoir regardé des BD pendant des heures à la chaîne pour enfants – p.ex. le dimanche matin – ne sont plus bons à rien parce qu’ils sont «tout fous». (p. 250 sq.)

De même, le «multitasking», exercice de plusieurs activités en même temps, c’est-à-dire l’utilisation de plusieurs médias et, lié à cela, l’exercice de plusieurs tâches, conduit, d’après Spitzer, à une attention troublée et à l’entraînement actif à la superficialité et à l’inefficacité. (pp. 222–235) Un jeune homme de 15 ans pratiquant le «multitasking» décrit son quotidien de la façon suivante: «Avec des informations brèves (SMS) je m’entretiens de façon permanente avec des gens, je regarde en même temps mes courriels, je fais mes devoirs ou je joue des jeux vidéo, pendant que je téléphone en même temps.» (p. 223)

Insomnie, dépression, dépendance et conséquences corporelles

La digitalisation de notre monde a, d’après Spitzer, pas seulement des effets nocifs multiples sur l’esprit, mais aussi sur le corps. Il présente une série d’études qui prouvent que l’insomnie, la dépression et la dépendance représentent des effets extrêmement dangereux de la consommation des médias numériques, «dont l’importance pour tout le développement de la santé de la génération encore jeune ne peut être surestimée». (p. 272)

Une conséquence corporelle du comportement de dépendance – d’après de nouvelles données de la recherche sur le cerveau des dernières années – est le surpoids. «Le retrait social et des angoisses en sont souvent les effets secondaires» dit Spitzer, «c’est une spirale vers le bas qui se forme et à la fin, on ne trouve pas seulement la dépression et l’isolation sociale, mais aussi beaucoup de maladies corporelles, par exemple du système cardiaque, de l’appareil locomoteur (manque de mouvement, position assise fausse) jusqu’à la démence.» (p. 272)

Comme les enfants et les adolescents «dans ce pays passent tous les jours la plus grande partie de leur temps réveillé avec des médias, il faut réfléchir aux dommages corporels et intellectuels de longue durée à en attendre» (p. 273)

Ordinateur et Internet dans la salle de classe

A l’heure actuelle, les parents se laissent toujours convaincre par l’industrie informatique, par un effort énorme de publicité, d’acheter un laptop à leurs enfants («Un laptop pour chaque élève» ou «laptop au lieu de cartable»), parce que cela améliorerait leurs performances scolaires. C’est le contraire qui est le cas et ça, on le sait depuis longtemps. La technique informatique moderne, d’après Spitzer, «conduit à la pensée superficielle, elle détourne l’attention et a en plus des effets secondaires indésirables, qui vont de simples troubles jusqu’à la pornographie enfantine et la violence». (p. 95) D’autres scientifiques sérieux sont du même avis.

Spitzer cite entre autres une affirmation, dans une interview d’un ancien «gourou d’Internet» américain, Clifford Stoll, qui, déjà en 1995 a comparé les ordinateurs à l’école avec les films qu’on y montrait autrefois: «Nous les aimions, car pour une heure on était dispensés de penser. Les instituteurs les aimaient parce qu’ils ne devaient pas donner des cours pendant une heure et les parents les aimaient parce que cela montrait que l’école était techniquement à la hauteur. Mais nous n’avons rien appris.» (p. 91)

Quatre ans plus tard, Clifford Stoll a prouvé son point de vue dans son livre très apprécié: «LogOut. Warum Computer nichts im Klassenzimmer zu suchen haben und andere High-Tech-Ketzereien» [LogOut. Pourquoi les ordinateurs n’ont rien à faire dans les salles de classe et les autres hérésies high-tech].

Spitzer mentionne également l’ancien président de l’Association américaine pour les recherches sur les cours d’école et le professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Stanford, Larry Cuban. Son livre porte le titre prometteur «Trop de promesses, mais pas assez de résultats», avec le sous-titre «Les ordinateurs dans la salle de classe»: «Celui qui préconise la mise à disposition des médias digitaux devra d’abord apporter la preuve d’effets positifs dans les écoles avec des deniers publics», c’est son exigence. (p. 94)

L’éducation, c’est la conclusion de Spitzer, est le facteur le plus important pour la santé d’un être humain. (p. 61) Et la base d’un apprentissage durant toute la vie se pose au temps de l’enfance. Pour cette raison, les écoles devraient soigner une bonne éducation, et, au lieu d’investir dans des laptops, prendre soin d’avoir de bons enseignants, car l’éducation a besoin de personnes avec lesquelles une bonne relation peut être construite.

Ce qui est valable pour les écoles est aussi valable, d’après lui, pour les jardins d’enfants. Dans ces deux endroits, ordinateurs et Internet n’ont rien à faire. «Celui qui voudrait que les enfants deviennent des mathématiciens ou des spécialistes en technique informatique» dit Spitzer, «devra organiser des jeux pour les doigts au lieu de mettre des laptops dans les jardins d’enfants. Et celui qui prend au sérieux la langue écrite devrait plutôt plaider en faveur des crayons au lieu des claviers.» (p. 184)

La compétence médiatique est aussi sensée que la compétence alcoolique

A la question d’un journaliste de savoir comment acquérir des compétences dans l’utilisation des médias, Spitzer fait la comparaison avec l’alcool: «Ce n’est pas avec l’entraînement, mais en restant éloigné le plus longtemps possible qu’on acquiert l’utilisation la plus saine.»[…] «Les deux rendent dépendants et nous n’en avons pas besoin.»4

A des parents inquiets de couches sociales plutôt faibles on suggère, d’après Spitzer, avec le slogan de la «compétence médiatique», «qu’ils feraient quelque chose de bien en investissant leur argent dans des hard- et software vite dépassés». (p. 307) En mettant leur enfant depuis tout petit devant l’ordinateur, ils n’auraient pas le destin de travailler dur comme leurs parents. Mais ces parents ne savent pas que «le nouvel ordinateur à la maison nuira au développement scolaire de l’enfant qui leur tient à cœur». (p. 308)

Les jeux numériques entravent les per­formances à l’école, les contacts sociaux et l’attachement aux parents et aux amis

Lorsque les enfants et les adolescents passent trop de temps avec des jeux vidéo, qu’ils jouent avec des consoles de jeux ou bien des jeux de rôle qui se jouent à l’ordinateur en ligne, cela conduit sans doute à une baisse des résultats scolaires, parce qu’il reste, pendant les après-midi et les week-end, beaucoup moins de temps pour faire les devoirs et pour approfondir les contenus des cours. «Les enfants qui jouent à des jeux vidéo», écrit Spitzer «en comparaison avec des enfants qui ne le font pas, passent 30% moins de temps à accomplir leurs devoirs.» (p. 186) Le groupe à problème parmi les joueurs, ce sont les garçons. Spitzer considère que leurs capacités intellectuelles sont massivement mises en danger par les jeux vidéo et l’ordinateur. (p. 188)

En 2004, le criminologue Christian Pfeiffer a également averti de ce danger, deux ans après le massacre à l’école d’Erfurt. Il a parlé de «déchéance médiatique» et il a averti: «Un garçon sur trois risque de tomber dans le piège de la télévision, d’Internet et des jeux vidéo».5 Trois ans plus tard, il a même parlé «d’une génération perdue de jeunes hommes». (p. 188)

Les garçons sont plus menacés parce qu’ils jouent plus fréquemment aux jeux de tueurs, cela avec les conséquences connues telles qu’une propension accrue à la violence, une indifférence progressive envers la violence réelle, l’isolement social et le danger de dépendances.6 Le psychologue militaire américain Dave Grossman a désigné ces jeux de tueurs, après le massacre en Norvège, comme des «simulateurs de massacres».7 Le forcené norvégien a, d’après ses propres dires, entraîné ce massacre planifié pendant des années à l’aide de jeux de tueurs.

D’après Spitzer, contrairement aux garçons, les filles passent «en tout clairement moins de temps avec les jeux vidéos que les garçons; elles ont moins tendance à jouer des jeux de violence et négligent deux fois moins que les garçons leurs devoirs pour l’école en raison des jeux». (p. 188)

Ce comportement de loisirs différent, en ce qui concerne l’utilisation de médias digitaux, a comme résultat que les filles, depuis quelque temps, ont de meilleurs résultats et diplômes scolaires que leurs collègues masculins. Comme, d’après Spitzer, ce sont actuellement avant tout des jeunes hommes au chômage, issus de situations précaires, qui, d’après les statistiques passent le plus d’heures avec les médias digitaux et sont pour cette raison en danger de dépendance, les médias «n’apportent pas un équilibre comme on le prétend souvent, mais renforcent les inégalités existantes et ont pour cette raison un effet asocial et non pas social».8

Le professeur en psychiatrie Manfred Spitzer exige pour cette raison: «Il est urgent que la société réfléchisse à ces faits, car jusqu’à présent elle n’a pas du tout appris comment agir face aux problèmes qui en résultent, et au sujet desquels les études des neurosciences s’empilent depuis longtemps.»9

Les jeux numériques ont encore d’autres conséquences problématiques que celles qu’on a nommées jusqu’à présent. Il mentionne par exemple les recherches expérimentales et les études concernant l’évolution à long terme du développement de la personne, prouvant que l’utilisation progressive des médias à écran causent des dommages à la faculté d’identification et d’empathie, et aux capacités et techniques sociales des enfants et des adolescents, et changent la qualité des relations avec la famille et les amis: L’attachement aux parents diminue, et l’attachement aux pairs et aux amis est entravé. (p. 195 sq.)

Réseaux sociaux: Facebook au lieu du «face à face»

Le chercheur sur les effets des médias, Manfred Spitzer, s’occupe dans son livre de 367 pages aussi des effets et effets secondaires des réseaux digitaux sociaux, et il n’en peut dire que des choses désagréables. Les parents et les éducateurs doivent absolument le savoir et y réfléchir. La conclusion de Manfred Spitzer à la fin du chapitre «Réseaux sociaux: Facebook au lieu du face à face» doit être citée pour sa clarté:

«Internet est plein de contacts sociaux échoués, qui vont de la prétention d’être quelqu’un d’autre, à la tricherie, à la tromperie et jusqu’à la criminalité grossière. On ment, on exerce du mobbing, on arnaque, on crée une ambiance agressive, on sème la zizanie, on lance des diffamations à tout va. Qui s’étonnera alors que les réseaux sociaux conduisent les jeunes utilisateurs à la solitude et à la dépression?»
Un manque d’autorégulation, la solitude et la dépression sont ce qui stresse le plus dans notre société moderne.

Elles causent la nécrose de cellules nerveuses et favorisent à long terme le développement d’une démence. Chez nos enfants, le détachement de vrais contacts humains par les réseaux digitaux en ligne peut à long terme causer une diminution du cerveau social. A long terme existe le danger que Facebook & Co. amène une diminution de notre cerveau social entier. Vu sous cet angle, il est extrêmement inquiétant qu’actuellement environ un milliard d’êtres humains utilisent Facebook.» (p. 128)

Restreindre la consommation des médias à la maison à un minimum

Dans le dernier chapitre de son livre «Que faire?», Manfred Spitzer souligne encore une fois – comme dans les chapitres précédents – que les médias numériques font partie de notre culture, augmentent notre productivité, facilitent notre vie et représentent un facteur important de distraction. Pour cette raison, il ne peut pas s’agir de les combattre ou même de les abolir. (p. 196) Mais à cause des conséquences graves, spécialement pour la future génération, il conseille à tous les parents de restreindre la consommation des médias à un minimum.

Il écrit textuellement: «Évitez les médias digitaux. Ils rendent, comme cela a été démontré ici maintes fois, réellement obèse, bête, agressif, solitaire, malade et malheureux. Restreignez la dose pour les enfants, car c’est la seule chose qui, et c’est prouvé, donne un effet positif. Chaque jour qu’un enfant passe sans médias digitaux représente du temps gagné.» (p. 325) Et il complète: «Pour toute notre société est valable ce qui suit. Nous n’avons rien que les têtes de la prochaine génération pour maintenir notre bien-être et notre culture. Arrêtons de les remplir de déchets!» (p. 326)

Les fondateurs des réseaux sociaux, tout comme les producteurs de jeux, ont réussi à offrir à nos enfants un monde Internet et une possibilité de s’isoler, de se soustraire au contrôle des parents et de gagner une possibilité de se distancier des adultes, un espace qu’ils construisent d’après leurs propres règles. Mais comme de cet espace, de ce monde d’Internet, émanent des dangers pour leur développement spirituel, intellectuel et corporel, les parents et les éducateurs devraient apprendre à comprendre ce monde d’isolation de la jeunesse afin d’être à la hauteur pour la discussion.

Et comme il est difficile d’interdire quelque chose aux adolescents d’aujourd’hui, et qu’en outre chacun devrait savoir manier un ordinateur pour son avenir professionnel, ils devraient essayer d’instruire les enfants de façon constructive selon leur âge, de les contrôler de façon plus ou moins serrée, et de les conduire dans l’utilisation d’Internet. En ce qui concerne l’utilisation des réseaux sociaux, les garçons et les filles doivent absolument être avertis que, s’ils annoncent chaque petit sentiment et chaque partie du corps au monde entier, ils ne sont plus qu’une marchandise.

En somme, une marchandise qu’ils auraient eux-mêmes vendue aux sociétés d’Internet, lesquelles feraient avec ça d’immenses bénéfices. Et ce n’est certainement pas ce que nos jeunes veulent.


Extrait de : Overuse of Technology Can Lead to ‘Digital Dementia’, alzheimers.net, November 12, 2013

Have you ever heard a scatter-brained, stressed out friend mutter ‘I have such ADD today’? It’s become all too common to dismiss our flustered, uninterrupted lives as just part of the everyday new normal. Undeniably, modern society is dictated by our constant connection to technology. Plain and simple, we are married to it – for better or worse. But it’s actually quite serious. In fact, more and more young people who’ve been raised in a digital age are showing signs of short term memory dysfunction as a result of their addiction to technology. What can be done and what does this mean for future generations?

An eye-opening study in Seoul, Korea – where more people are connected to digital devices (over 67%) than anywhere in the world –  as well as U.S. study conducted at UCLAhas revealed some alarming information about the developing brains of young people.  They’re spending upwards of 7 hours a day attached to their iPads, smartphones, computers and gaming consoles. And the effects to their brains are proving to be very damaging.

It’s Called Digital Dementia

“Digital Dementia”, a term coined by top German neuroscientist Manfred Spitzer in his 2012 book of the same name, is a term used to describe how overuse of digital technology is resulting in the breakdown of cognitive abilities in a way that is more commonly seen in people who have suffered a head injury or psychiatric illness.

Individuals who rely heavily on technology may suffer deterioration in cerebral performance such as short term memory dysfunction. While many of us grew up remembering phone numbers and other key information simply by memorizing it, most kids today have grown up not needing to remember things like phone numbers because we have devices that do it for us.

“Over-use of smartphones and game devices hampers the balanced development of the brain,” Byun Gi-won, a doctor at the Balance Brain Center in Seoul, told the JoongAng Daily newspaper.

It may seem like an easy way out, but can lead to development of the rational, linear, fact-finding skills of the left side of the brain at the expense of the right side which is more intuitive, imaginative and emotional.

The U.S. study blamed modern lifestyles for the problem -  saying that spending time on a computer and texting prevents people focusing and memorizing information.

They also blamed stress, saying hectic lifestyles prevent concentration information retention.

A growing number of adults, too, are susceptible to constant connection and overuse of technology which can lead to lateralization of brain function  which means the brain suffers imbalance. Damage to the right side of the brain is associated with deficits in ability to concentrate, short attention, memory span, and emotional disturbances, such as depression.

How many of us have a smartphone filled with our contacts whose phone numbers we can readily access but we don’t truly know? Or what if we can’t remember the name of the lead actress in a favorite film? Instead of spending the extra few minutes to recall that information organically – by accessing our natural memory and using our brain – we just go look it up on Google.

We’ve become terrifyingly dependent upon technology to the point that we are ruining our brains.

Can Digital Dementia Be Reversed?

Current thinking seems to say it can. So that means that many of us, including kids who grew up with technology and those of us who adopted it in our later lives as part of living in the modern world, may not be destined to digital dementia indefinitely after. But if we are to reverse the damage, we must take an active – rather than passive – role in the health of our brains.

And we need to start right now.

So how can we do this? Manfred Spitzer asserts that all digital technology should be removed from classrooms. That seems unlikely. But, according to neurologist Dr. Carolyn Brockington from St. Luke’s Roosevelt Medical Center in New York City, we can do other things simply by ‘exercising our brains.’ For example,

1. Use Your Head. Retrieve information from your brain organically – rather than automatically turning to Google to look up that actress you can’t remember immediately. Sit there and concentrate until you can recall it.

2. Crack Open a Book. That’s right. Reading an actual book rather than a tablet has been shown to improve memory retention.

3. Learn a new language. Putting you outside your comfort zone helps your brain work harder, which makes you smarter.

4. Play a new instrument. Instruments require the use of both side of the brain - like the piano or the guitar, for example, which help strengthen and balance it.

5. Get physical. Physical exercise increases blood flow and accelerates the transport of vital nutrients to your brain.

Essentially, we need to be doing anything that can lead to the healthy restructuring or ‘rewiring’ of our brains. We need to be spending less time relying on technology and more time relying on our brain power.

What Can You Do Today?

Use it or lose it, the experts contend. The brain, just like a muscle in our body, can atrophy if we don’t use it.

Perhaps consider a digital sabbatical – like Baratunde Thurston did which was famously published in Fast Company last summer. Although it’s not easy or ideal for most of us who are ‘plugged in’ due to our jobs and the needs of the modern world, we should, at the very least unplug during the weekend. Work can – and should – wait. Facebook can wait. If we focus instead on having real conversations, reading books, getting out into nature, and disconnecting from technology, we will be taking care of our brain health and our emotional health as well.