Destruction d’Alcan avec une saveur de politicien incapable

Tout le problème est là, quand une compagnie étrangère prend le contrôle d’une compagnie canadienne, le pouvoir décisionnel se déplace vers le siège social de la compagnie étrangère.

Prenons le cas, de Rio Tinto Alcan, les décisions se prennent t en Australie, Montréal est rendu une simple coquille vide et dire à Rio-Tinto de déménager son siège social à Montréal est totalement irréaliste.

Contrairement à Brad Wall Premier ministre de la Saskatchewan qui a défendu Potash Corps d’être acheté par BHP, notre premier ministre Charest était trop occupé à essayer de camoufler la corruption dans la gouvernance du Québec que de défendre le savoir-faire du Québec, de l’amateurisme juste qu’à la fin.

La croissance récente des investissements étrangers directs (IED) au Canada, particulièrement par des fusions et acquisitions, soulève des préoccupations au sujet d’une diminution du contrôle et de l’influence des Canadiens sur l’économie nationale.

À mesure que les entreprises multinationales se consolident, les investisseurs étrangers prennent contrôle des fleurons canadien bien établis, dont Alcan, Falconbridge, Inco et la Compagnie de la Baie d’Hudson. Ces entreprises sont de gros employeurs et des piliers de certaines collectivités canadiennes.

Ces transactions ont comme conséquence la perte de sièges sociaux et des emplois et services de grande valeur qui y sont associés.

Typique d’une mondialisation débridée.


Extrait de :  Disparition du nom Alcan : une autre partie d’héritage disparaît, Argent, Le 12 mai 2015

La décision de Rio Tinto de supprimer le nom Alcan de la raison sociale de sa division de l’aluminium est perçue par plusieurs intéressés comme un autre signe de la disparition de l’héritage québécois dans ce secteur qui a fait la renommée du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Lundi, la chaîne Argent révélait que près de huit ans après le rachat d’Alcan, la multinationale Rio Tinto vient de décider de ne plus utiliser graduellement le nom Alcan jusqu'à sa supression complète. Et que jusqu’à 170 employés perdront leur gagne-pain au siège social mondial de la division, à Montréal.

Pourtant, «le mot Alcan a fait partie de l’ADN du Québec», plaide l’avocat Yves Fortier, qui occupait le poste de président du conseil d’administration d’Alcan, lors du rachat de l’entreprise par Rio Tinto au coût de 38G$ US, en 2007.

«C'était une bonne affaire pour les actionnaires», est-il d’avis. Mais déjà, «je réalisais que c'était une partie de l'héritage du Québec, un autre fleuron du Québec qui s'en allait, effectivement en Angleterre, au Royaume-Uni et en Australie».

Au cœur du pays qui a vu naître Alcan, à Alma, le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminerie, Alexandre Fréchette, estime aussi que l'entreprise s'éloigne de nouveau de l'acquis québécois.

«Il y a une dimension historique qui est accrochée au mot Alcan, mais ça veut dire plus que ça aussi. C'est un pas de plus dans le transfert décisionnel, de ce qui était anciennement Alcan vers Londres, vers Melbourne», a-t-il commenté.

M. Fréchette estime que la transaction engageait Rio Tinto dans un pacte social avec les citoyens du Québec, alors qu’en échange de l’exploitation des ressources naturelles de la province, la compagnie créait des emplois.

«On comptait 12 000 emplois à l’époque (de la transaction), on en est maintenant aout de 4500. (…) Les gouvernements précédents n'ont pas négocié de façon suffisamment serrée avec Rio Tinto pour assurer, dans le fond, que le pacte social soit gagnant-gagnant, qu'on trouve notre compte dans ces transactions-là.»

Pour l’analyste Michel Nadeau, les gouvernements n’ont effectivement pas effectué de suivi quant à l’engagement de Rio Tinto.

«Dans ce genre d’entente avec la collectivité, les poursuites légales sont très difficiles, à moins qu’on ait prévu des sanctions» si le nombre d’emplois tombait  sous un certain seuil, ce qui n’est pas le cas.

M. Nadeau estime que Rio Tinto considère que l’avenir de son secteur d’aluminium est en Australie et à Kitimat, en Colombie-Britannique, plutôt qu’au Québec.

«Il n’y a pas d’autres kilowattheures à acheter au Québec, c’est le business as usual,», a-t-il ajouté.