Europe : L’assurance-vie, victime collatérale des taux d’intérêt négatifs

Mise en garde sur les effets des taux d’intérêt très bas

Le FMI estime par ailleurs qu’il convient de limiter les excès financiers et les effets négatifs d’une période prolongée de bas taux d’intérêt.

Dans la zone euro, où près d’un tiers des obligations souveraines à court et long terme présentent des rendements négatifs, la persistance de faible taux d’intérêts mettrait ainsi en danger un grand nombre d’établissements financiers, et notamment 24 % des assureurs-vie européens de taille moyenne.

Or le secteur compte un portefeuille de 4 400 milliards d’euros d’actifs dans l’Union européenne et il est de plus en plus connecté avec l’ensemble du système financier. D’où un risque évident de contagion.

Difficile aujourd'hui de parler à un économiste du niveau des taux en Europe sans entendre que « la politique monétaire finira par menacer la stabilité financière ».

Pas de traitement de choc pour juguler la crise sans dommages collatéraux.

Les banquiers centraux le savent aussi, ils ont d’ailleurs identifié le maillon faible depuis longtemps.

« Une période prolongée de bas taux d’intérêt menace la solvabilité des assureurs, a averti mardi la Nederlandsche Bank des Pays-Bas, dernière en date à tirer la sonnette d’alarme. Un euphémisme. Les mois qui passent accroissent la pression sur la branche vie de ces poids lourds des marchés de capitaux, les nouveaux placements qu’ils réalisent ne leur permettant plus de tenir leurs engagements auprès de leurs assurés.

Contagion à l’ensemble du système financier

La défaillance d’un ou de plusieurs assureurs de taille moyenne pourrait provoquer une perte de confiance à l’échelle du secteur si elle semble tenir à un problème qui concerne l’ensemble du secteur et qui se propagera probablement à d’autres établissements. La complexité du métier de l’assurance et la communication limitée d’informations financières pourraient aussi contribuer à cette contagion. L’absence d’un système de protection de l’assuré ou d’un ensemble de normes minimales communes pour l’ensemble de l’Union européenne, qui existe au Japon et aux États-Unis, amplifie ces risques.

Les interconnexions élevées et croissantes entre le secteur de l’assurance et l’ensemble du système financier de l’Union européenne constituent une autre source de contagion éventuelle. Le secteur de l’assurance est le plus gros investisseur institutionnel, avec des investissements de 4.400 milliards d’euros dans le secteur privé européen (graphique 2). Par exemple, de gros problèmes de trésorerie dans une compagnie d’assurances pourraient provoquer des ventes à prix réduits, ce qui forcerait d’autres compagnies à constater un ajustement aux prix du marché qui pourrait engloutir l’ensemble du système financier.