Dérapage de la droite: Libéralisation et CDS

Depuis le début de la crise en 2007, la dette globale a augmenté de 57 000 milliards de dollars américains pour atteindre, à ce jour.

Cette situation soulève des questions sur la stabilité financière.

·       Neuf pays dans le monde ont un niveau de dette publique supérieur à 300%.

·       39% des pays atteignent les 100%.

·       De nombreuses nations sont confrontées à une nouvelle crise et les perspectives de croissance sont limitées pour la quasi-totalité d'entre elles.

·       Nous avons accumulé tellement de dettes qu’il faut masquer notre insolvabilité par la création de monnaie.

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La libéralisation des marchés financiers internationaux des années 1980

En 1971, on a cassé le lien entre l’or et la monnaie, on a vu les banques centrales émettent des trillions d’obligations sans contrepartie réelle.

Mais, avec la crise des années 1970 et l'explosion des pétrodollars, les États ont imaginé pouvoir se financer plus facilement, plus rapidement, à moindre coût et pour des sommes plus importantes sur les marchés financiers internationaux. La libéralisation des marchés financiers internationaux des années 1980, menée certes officiellement au nom du libéralisme, a paradoxalement été pilotée par les États afin de financer plus facilement des déficits étatiques massifs. Tout le mal est venu de là.

Une fois ouvert le champ immense de la finance internationale, les États ont abusé des capitaux internationaux et du déficit comme d'une drogue. Et comme les agences notations américaines étaient de mèche avec les politiciens, tu peux emprunter aussi longtemps que tu paies les intérêts, du crédit illimité leurs fut accordés.

Les possibilités paraissaient illimitées, et toutes avec une facture pour le contribuable bien plus faible que la facture réelle, pour toutes ces merveilleuses dépenses offertes à des divisions croissantes de la société.

Les politiciens n’auraient pas pu le faire, si la contrainte n’avait pas été levée sur la capacité de l’état à emprunter pour dépenser.

Le recours à l’emprunt a ouvert la boîte de Pandore de la démagogie et du pillage politiciens : l'État providence.

Les politiciens ne veulent pas voir les causes de la crise. Probablement parce que cela ne les intéresse pas, pour la simple raison qu’ils en sont responsables. Comme ils sont responsables des dettes et déficits publics.

L'État providence, quand on y regarde de près, n'est guère plus qu'un vaste « espace en propriété commune », où les citoyens sont amenés à siphonner la richesse de leurs voisins ou leurs enfants.

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L’homme politique qui fait carrière dans ce métier a un objectif simple : Être élu et réélu par une majorité d'électeurs et plus particulièrement sur son électeur médian, et, en disperse les coûts (c'est-à-dire les impôts) sur les autres.

Mais les riches et les pauvres sont trop peu nombreux pour financer la masse des dépenses publiques que l’on offre aux électeurs de la classe moyenne.

Le seul recours, dont dispose l'homme politique pour obtenir la voix de cet électeur médian, et se faire ainsi réélire, est de favoriser un mode de financement qui lui masque l'impôt qu'il va payer pour la dépense publique dont il va bénéficier. L'emprunt, qui est un impôt différé (d'où l'illusion fiscale), reporte le paiement de cet impôt dans le futur.

Un déficit en croissance permanente conduit les États à qu’émender des subsides sur les marchés financiers et donc à se placer - TRÈS volontairement, je le souligne - sous la dépendance des investisseurs qui choisissent d'investir leurs capitaux dans un pays ou un autre.

Aucun politicien n’osera parler contre le système financier actuel, car ils ne sont plus capables de rembourser leurs obligations échues, sans être obligé de contracter de nouvelles dettes pour les rembourser.

Les pays sont devenus des vassaux du système financier, ils nous ont données une corde pour me mieux se pendre, et les politiciens sans aucun remords l’ont mis autour de leurs cous pour rester aux pouvoirs en achetant des votes à crédit.

Les gagnants :

·       Le système financier

·       Les politiciens qui sont restés aux pouvoirs

·       La génération des papys et baby-boomers qui ont reçu des services et des privilèges sans avoir à assumer les coûts réels.

Les perdants :

·       Les enfants et petits-enfants qui doivent assumer l’insolvabilité des pays occidentaux.

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La venue des CDS a déresponsabilisé le prêteur

Des siècles durant, les défauts de paiement ont été un garde-fou efficace contre la montée en puissance de l'État : parce qu'ils doutaient des remboursements à venir, les créanciers hésitaient à prêter.

Seule une discipline budgétaire solide permettait d'établir la confiance. Comme la faillite pour une entreprise, le défaut de paiement d'un État joue un rôle économique essentiel. Non seulement il est une sanction pour ceux qui ont mal utilisé des ressources, mais aussi pour ceux qui ont apporté des capitaux sans prendre suffisamment de précautions.

C’est quoi des CDS (Credit default swap), me direz-vous. Et bien, il s'agit tout simplement d'assurances sur un prêt accordé à un État, pour le cas où ce dernier ferait défaut et ne pourrait donc pas rembourser son emprunt, le créancier se couvre donc, auprès d'une assurance.

Si vous lisez ma petite histoire sur la règle d’or, elle n’aurait jamais pu s’implanter si les CDS avaient été interdits.

JP Morgan Chase a inventé CDS dans les années 1990, un produit dérivé fort lucratif, la beauté des swaps, c'est qu'ils transfèrent le risque à partir des gens qui n'en veulent pas à des gens qui sont heureux de le supporter, pour un prix.

Par contre, le CDS fausse la prudence du créancier, normalement, un investisseur détenant des obligations d'un pays voudra s’assurer de ravoir son capital, la venue des CDS a faussé cette perspective,  elle déresponsabilise le risque du prêteur en cas d’un défaut de paiement et déresponsabilise le pays souverain en se surendettant.

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La même analogie s’applique avec le monde immobilier, si ‘Fannie Mae and Freddie Mac’ n’avait pas existé, il n’y aurait pas eu de bulle immobilière.

Ce sont les assurances sur les prêts douteux qui ont incité les banques à prêter à des gens souvent à la limite de la solvabilité.

La même logique avec la SCHL, plus de 60 % des prêts immobiliers au Canada, sont sur une couverture de la SCHL, donc plus de 60 % des gens qui ont des prêts auraient été trop à risque sans avoir cette assurance.

Ces assurances déresponsabilisent le risque des banques, engendrent du crédit facile et une bulle immobilière.

En fait, les produits dérivés comme les CDS devraient être interdits, mais soyez assurés, ça n'arrive pas, car nos politiciens ont trop besoin du crédit de l'État pour acheter des votes.

Spéculation des CDS sur la dette des États.

1.       Certains « hedge funds » achètent des CDS à nu pour en faire monter le prix, et donc la perception du risque associé à la dette souveraine.

2.       Du coup, les investisseurs qui ont vraiment la dette souveraine en question se ruent sur les CDS, et les fonds peuvent tranquillement leur revendre avec une plus-value.

3.       Deuxième effet, la hausse du prix des CDS fait monter les taux d’intérêt et réduire la valeur des obligations souveraines.

4.       C’est une deuxième source de revenus pour les « hedge funds », qui parient à la baisse sur la valeur des obligations.

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Les gagnants :

·       Le système financier dans sa globalité incluant les super banques : Goldman–Sachs ou Merril–Lynch et les Hedges Funds.

·       Les politiciens qui sont restés aux pouvoirs.

·       La génération des papys et baby-boomers qui ont reçu des services et des privilèges sans avoir à assumer les coûts réels.

Les perdants :

·       Les enfants et petits-enfants qui doivent assumer l’insolvabilité des pays occidentaux.


Lectures supplémentaires :

1. Dérapage de la gauche: Dette, Fonction publique, Peuple

2. Dérapage de la droite: Libéralisation et CDS

3. Dérapage de la droite: Mondialisation

4. Dérapage de la droite: Fiscalité, Évasion, Salaires, Subvention

5. Dérapage de la droite : Finance: cupidité excessive

6. Les gagnants : La classe moyenne des pays émergents

7. Les perdants : La classe moyenne des pays occidentaux

8. Dérapage de la droite: Banques : Trillions de profits, Peuple : Trillions de dettes

9. Dérapage de la droite: Le capitalisme de copinage

10. Dérapage de la droite : La monnaie singe des banques centrales

11. Dérapage : QE (pour maintenir son train de vie)

12. Dérapage : les taux d’intérêts à zéro sinon négatif

13. Dérapage : Les économistes scélérats

14. Dérapage : Les politiciens sont-ils ignorants ou incompétents ?

15. Dérape : Profits sans prospérité

16. Dérape : Des démocraties déresponsabilisantes

17. Dérapage Harper : Baisser les impôt de société, le Canada un désastre économique (1)

18. Dérapage Harper : Un $ cdn surévalué trop longtemps, le Canada un désastre économique (2)

19. Dérapage Harper : La plus grosse bulle immobilière pour créer une économie artificielle par endettement (3)

20. Dérapage Harper : D’avoir créé une économie asymétrique (4)

21. Dérape Harper: multiples signatures d’accords de libre-échange totalement inefficace (5)

22. Conclusions des dérapages