Dérapage de la droite: Banques : Trillions de profits, Peuple : Trillions de dettes

La finance moderne : faire du profit avec de l’argent virtuel

L’industrie bancaire a pris une place très importante dans l’économie depuis la deuxième moitié du 20e siècle. Cette industrie a trouvé une martingale gagnante : elle encaisse des intérêts sur de l’argent qui ne correspond à aucune richesse déjà créée. Plus elle crée de l’argent qui n’existe pas, plus elle gagne de l’argent.

Quand les banques étaient honnêtes…

Autrefois, le métier de la banque consistait à transformer des dépôts de court terme (épargne) en prêts à long terme (investissement).

C’était un métier empirique et la banque a toujours eu deux problèmes : elle ne pouvait rembourser tous les déposants de court terme s’ils venaient simultanément réclamer leur argent puisque celui-ci travaillait dans des prêts à long terme ; elle devait bien jauger ses emprunteurs.

Deux risques à couvrir, donc :

1.      La perte de confiance de ses déposants et

2.      Le risque de défaut sur un prêt accordé.

Pour ces deux risques, les banquiers étaient le plus souvent responsables sur leurs biens et avaient aussi des fonds propres (de l’argent mis de côté dans leur propre banque) pour payer la casse éventuelle.

Quand la banque coulait, le banquier se suicidait.

… et puis tout a changé

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La finance moderne a bouleversé la donne. Aujourd’hui, un banquier prête bien plus que les dépôts de ses clients ; avec un 5000 $ de fonds propres, il peut prêter jusqu’à 100,000 $ .

Dans ce système :

Les crédits font les dépôts. Un prêt accordé à quelqu’un se transforme en dépôt dans la banque puis dans d’autres banques au fur et à mesure des dépenses de l’emprunteur.

Dans notre système bancaire actuel,
quand la banque coule, les contribuables payent.

Vous voyez tout de suite l’avantage d’être banquier au 21e siècle :

Vous percevez des intérêts sur de la fausse monnaie
et vous n’avez plus besoin de vous suicider.

Ceci vous explique comment le rendement sur fonds propres de l’industrie bancaire tourne autour de 10% à 15% même avec les taux d’intérêt anormalement bas que nous connaissons.

L’exemple le plus lamentable, ce sont nos banques canadiennes :

clip_image006Avec seulement 6 banques canadiennes maintenues artificiellement dans un oligopole, ils ont réussi à faire plus de 36 milliards de profit en 2015 surpassant les déficits des provinces et fédéral réunis sans aucun politicien n’en soit choqué, cela vous démontre à quel point comment le système est corrompu.

 

L'argent qu’on vous prête est créé à partir de rien. Mais l'argent que vous rembourser avec les intérêts n'a pas été créé à partir de rien. Il y a fallu le gagner avec votre dur labeur et le temps. L'argent que vous les payez de retour est de l'argent bien réel, il a été gagné par vous.

On vous passe de l’argent sorti de nulle part, une simple illusion informatique par contre vous les remboursez avec le vrai argent.

Nous sommes tous devenus esclaves de travail
pour les rendre plus riches.


Ratio de solvabilité

Il ne faudrait plus s’inquiéter pour nos économies, nous expliquent les banques, la crise est passée et les ratios de solvabilité se sont nettement améliorés. Les banques se plaisent en effet à souligner que les risques sont sous contrôle, que leur matelas de liquidité s’avère suffisant.

Le problème est que cette réduction des risques ne provient pas uniquement d’un comportement plus vertueux, mais également en partie de dissimulations.

En effet, "Selon certains analystes, les banques auraient révisé leurs modèles de risque de façon à abaisser leurs niveaux de fonds propres requis, en sous-estimant le risque et en présentant une valorisation optimiste des actifs." Et où lit-on cela ? Dans une obscure publication complotiste ?  

Pas du tout, et bien au contraire puisqu’il s’agit de rien de moins que du 84e rapport annuel de la Banque des règlements internationaux (BRI), "la banque centrale des banques centrales", notamment chargée d’édicter les normes prudentielles des banques commerciales dans le monde (Bâle III).

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Si tous explosent, c’est encore le peuple qui paie les pots cassés.

Pensez-vous que nos banques canadiennes vont survivre une crise systémique avec 5% de fonds propres ?

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Les taux d’intérêt sont actuellement voisins de zéro. Cela signifie que tous les actifs financiers sont surévalués ; un jour ou l’autre, il faudra remonter les taux. Une hausse des taux jusqu’au niveau normal, compris entre 4 et 6%, balaierait les valeurs boursières, et ce faisant, provoquerait la fameuse crise systémique qui est évoquée dans le mécanisme. En clair, nous soutenons que les gouvernements et les Banques Centrales se donnent la possibilité de ratisser l’argent du public le jour où ils devront monter les taux d’intérêt. C’est une opération complexe, mais qui, en dernier ressort, se résume comme suit.

1.      on met les taux à zéro,

2.      on surévalue les actions et les obligations ;

3.      on met en place un mécanisme pour ratisser l’argent du public en cas de baisse de la bourse,

4.      puis on monte les taux et on ramasse les épargnes du peuple dans leurs banques respectives, actuellement si vous avez plus de 100,000 $ et plus, pouf !, mais, cela peut changer à tous moments selon le niveau de la crise.

So if the banks take extreme risks with their money and lose, “certain bank liabilities” (i.e. deposits) will rapidly be converted into “regulatory capital” and the banks will be saved.

Cyprus-Style Bank Account Confiscation Is In The New Canadian Government Budget

In other words, the banks will just be allowed to grab money directly out of your bank accounts to recapitalize themselves.

That may sound completely and utterly insane to us, but this is how things will now be done all over the western world. (3)


Paradis fiscaux

Comme l'atteste la récente fuite de données sur les placements extraterritoriaux, les paradis fiscaux ne pourraient pas exister sans l'infrastructure financière des pays riches. Ces documents contiennent de nombreux exemples de la circulation d'argent dans les paradis fiscaux par l'entremise des banques occidentales.

On y voit aussi comment ces mêmes grandes banques ouvrent des comptes pour des entreprises extraterritoriales, ou fournissent une aide essentielle pour le faire.

Now, a quarter of all direct Canadian foreign investment going abroad is going to tax haven countries. That’s about $170 billion sitting in tax havens, so it’s become a huge problem.

He reveals that according to Bloomberg LP, few multinationals even pay that low rate. Of the TSX 60 – the top 60 companies trading on the Toronto Stock Exchange – only four paid 25 per cent tax or more between 2007 and 2011.

Thirteen per cent of these corporations paid less than 5 per cent in taxes and more than half paid less than 10 per cent. Much of this tax evasion is done secretly. (1)

Les banques canadiennes et leurs filiales

Les grandes banques canadiennes ne sont pas en reste. Elles possèdent 75 filiales dans des paradis fiscaux, de la Suisse à Singapour. On trouve, par exemple, des succursales de CIBC et de Scotiabank dans les îles Vierges britanniques, des filiales de la Banque Royale sur l'île Jersey, une succursale de la Banque de Montréal au Luxembourg et la présence de TD aux Bermudes et à la Barbade.

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Économie réel : ne connait pas ?
Spéculation : je vous écoute !

Le monde des capitaux libres et non régulés devait engendrer une prospérité continue, nous disaient les thuriféraires de la finance moderne et du libéralisme économique.

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Comme en 1929, il a pourtant conduit, 87 ans plus tard, l’économie mondiale au bord de la ruine.

A peine remis de la catastrophe grâce à l’intervention publique, le secteur financier a recommencé à distribuer bonus et stockoptions, alors même que le bilan de la crise financière reste, lui, catastrophique : 51 millions chômeurs de plus selon le Bureau international du travail (BIT) et une explosion des dettes et des déficits publics qui pèsera longtemps sur la croissance

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Le nouveau modèle de la finance a sérieusement changé, on n’investit plus pour stimuler l’économie réel, mais on investit pour connaître les tendances de marché, qui est de la pure spéculation.

·       Le volume des transactions financières a augmenté cinq fois plus vite que le PIB depuis 1950, creusant un fossé entre le monde de la finance et les besoins réels de l’économie.

·       En 1990, le montant des transactions financières représentait déjà 15 fois la valeur du PIB mondial.

·       A la veille de la crise, en 2007, ce montant atteignait 70 fois le PIB mondial.

En d’autres termes, les échanges de l’économie réelle représentent aujourd’hui une part dérisoire des transactions financières mondiale.

La Taxe Tobin aurait des conséquences sur le trading haute fréquence en particulier, ces opérations électroniques jouant sur les fluctuations à la milliseconde de la valeur des actifs – il arrive par exemple qu’un seul opérateur prenne plus de mille positions successives, dans la même journée, sur la même valeur mobilière. Sa rentabilité serait en effet fortement rognée, voire, dans certains cas, réduite à néant

 

Comme la taxe Tobin, une taxation générale des transactions financières pourrait engendrer un triple dividende : réduire les transactions spéculatives, contribuer à la régulation, fournir des ressources importante.

 

Le président de l'Association des banquiers canadiens (ABC), Terry Campbell félicite, par exemple, de l'opposition «farouche» et «courageuse» du gouvernement Harper contre le projet européen de taxe sur les transactions financières. (2) … (Sans commentaire Q.D.)

La spéculation financière excessive contribue à accroître la volatilité et l'enregistrement des produits alimentaires, ce qui aggrave la faim et la pauvreté.

On spécule sur le blé, pétrole, café … et tous les trillions de profits que font les banques se font au détriment de l’augmentation des coûts des denrées de bases et c’est vous qui payés en subissant une inflation constante.


Lectures supplémentaires :

1. Dérapage de la gauche: Dette, Fonction publique, Peuple

2. Dérapage de la droite: Libéralisation et CDS

3. Dérapage de la droite: Mondialisation

4. Dérapage de la droite: Fiscalité, Évasion, Salaires, Subvention

5. Dérapage de la droite : Finance: cupidité excessive

6. Les gagnants : La classe moyenne des pays émergents

7. Les perdants : La classe moyenne des pays occidentaux

8. Dérapage de la droite: Banques : Trillions de profits, Peuple : Trillions de dettes

9. Dérapage de la droite: Le capitalisme de copinage

10. Dérapage de la droite : La monnaie singe des banques centrales

11. Dérapage : QE (pour maintenir son train de vie)

12. Dérapage : les taux d’intérêts à zéro sinon négatif

13. Dérapage : Les économistes scélérats

14. Dérapage : Les politiciens sont-ils ignorants ou incompétents ?

15. Dérape : Profits sans prospérité

16. Dérape : Des démocraties déresponsabilisantes

17. Dérapage Harper : Baisser les impôt de société, le Canada un désastre économique (1)

18. Dérapage Harper : Un $ cdn surévalué trop longtemps, le Canada un désastre économique (2)

19. Dérapage Harper : La plus grosse bulle immobilière pour créer une économie artificielle par endettement (3)

20. Dérapage Harper : D’avoir créé une économie asymétrique (4)

21. Dérape Harper: multiples signatures d’accords de libre-échange totalement inefficace (5)

22. Conclusions des dérapages