Dérapage : Les économistes scélérats

Dérapage : Les économistes scélérats

Plus que jamais, il faut prémunir l'économie contre la dérive des économistes." Le message est donné d'emblée: l'analyse économique est trop essentielle au débat démocratique pour la laisser aux économistes, car ceux-ci ont failli.

 

Les effets de la crise ne se sont pas limités à la débâcle de la finance et à la récession économique. En effet, elle a aussi touché le monde des économistes et certains ont parlé de la déroute de ceux qui n'ont pas réussi à la prévoir et à en mesurer l'ampleur. La question qui se pose aujourd'hui est de connaître les raisons de cette déroute et de ce naufrage collectif.

 

·       Comment expliquer cette faillite des économistes ?

 

·       Comment analyser cette incapacité à prévoir l'une des plus graves crises de l'histoire économique moderne ?

 

·       D'où vient cet aveuglement en la capacité du marché à corriger les errements des traders, attirés par le profit et le gain à très court terme ?

 

·       Pourquoi éprouvent-ils les plus grandes difficultés à formuler les politiques nécessaires pour sortir de la crise actuelle avec une mondialisation débridée ?

 

·       Et, surtout, est-ce que le champ de la réflexion économique est capable de se renouveler pour échapper à sa propre crise, ainsi qu'à la défiance et à la suspicion que certains éprouvent aujourd'hui vis-à-vis des économistes ?

 

La faillite des économistes réside principalement dans la volonté de faire de leur domaine un champ de savoir qui se rapproche davantage de celui du monde de la nature et s'éloigne des sciences sociales et humaines.

 

Des boussoles d’opinions en fonction de leurs cachets

 

Il y a eu tellement de politique économique idiote que nous sommes tous au bord de la faillite.

 

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Vive l’ultralibéralisme économique en pensant que le marché va s’autoréguler de lui-même, en faisant fi de la nature humaine propre qui est la cupidité et l’avidité et bien sûr incapable d’inclure dans leurs modèles mathématiques ces deux caractéristiques qui tente de prévoir le comportement de l’économie réel.

 

Naïveté lamentable ou tout simplement de simples marionnettes d’opinion pour satisfaire leurs employeurs ou recevoir un cachet de consultant pour émettre une opinion favorable pour satisfaire les médias mainstream appartenant aux 1%.

 

Les employeurs : le milieu financier

Aujourd’hui les banques ont énormément augmenté leurs effectifs : dans les salles de marché, les risques pays, les services marketing…

·       Les banques sont les premiers employeurs d’économistes.

·       Les débouchés pour les économistes sont très réduits.

·       Traditionnellement, l’enseignement arrivait en tête et il existe quelques postes dans la fonction publique.

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Il est fréquent de passer du public au privé.

Les conditions de travail sont meilleures, les salaires aussi, bien plus qu’un agrégé d’économie en fin de carrière. Et voilà nos économistes dans le toboggan.

Évidemment quand ils passent au privé, ils se jurent bien de ne pas changer.

Sauf que, dans la réalité le discours change selon le type d’employeur.

Un exemple classique au Canada : attendez-vous de la part d’une économiste d’une banque canadienne qu’il y a une bulle immobilière au Canada, évidemment pas, car plus de 40 % des profits des banques canadiennes proviennent du secteur immobilier, pourtant l’ensemble du monde entier autre que nos économistes canadiens démontre que nous sommes en pleine bulle.

Le salaire d’efficience

Le paradoxe de cette histoire c’est que les économistes ont inventé un terme pour expliquer cette « laisse » qui n’annonce pas son nom.

Le salaire d’efficience

 

C’est à Joseph Stiglitz que l’on doit :  « le salaire d’efficience ».

 

Sa description est relativement simple :

 

Comment s’assurer de la fidélité de ses salariés ?

 

Il suffit de les payer un peu au-dessus du marché, et par peur de perdre ce petit avantage, ils fourniront un maximum d’efforts et se comporteront en chiens fidèles.

 

Comme d’habitude c’est ceinture et bretelles, il est évidemment interdit de dire du mal de son employeur, voir des clients de son employeur, États ou multinationales.

 

Le chemin est étroit, souvent, ils doivent signer des clauses interdisant de publier des livres, car ils peuvent de devenir des infidèles, s’ils possèdent encore un peu d’empathie pour le peuple.

 

Trouver un directeur d’économie dans un département d’économie à l’université contre la mondialisation, ils sont tous formatés de la même façon en s’auto glorifiant et en se donnant entre eux des promotions.

 

Tout en chantant allégrement le mantra traditionnel,
Vive ! la mondialisation

 

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Même si on constate que l’ensemble des pays occidentaux sont au bord de la faillite dus à une mondialisation débridée, en créant un environnement favorisant l’évasion fiscale, le chantage salarial, le chantage aux subventions et le chantage de la baisse des taux d’impôts pour rester compétitif.

 

Et, s’il y a des opinions contraires à eux, telles que le discours actuellement de Sanders ou de Trumps qui sont en course pour la présidence américaine en doutant sérieusement comment le libre-échange a été négocié, on les traite avec mépris, en les traitant de POPULISMES.

 

Follow the money

 

Donc, quand vous écoutez l’opinion d’un économiste, prenez-le, toujours comme un GROS GRAIN DE SEL, essayer de vérifier qui est son employeur ou quel client qui pourrait bien desservir en émettant une opinion favorable tout en recevant bien sûr en contrepartie un cachet bien garni provenant de son commanditaire.

 

Plus les économistes sont idiots, plus ils sont médiatisés

 

N’oubliez jamais que les médias appartiennent au 1 %, il ne faut pas changer l’ordre établi, car ce sont eux qui abusent de l’économie du copinage, pour faire de majestueux profits ou de profiter des largesses de l’État.

 

À quels moments que vous avez la chance de lire dans une publication mainstream parlez contre la mondialisation ou le libre-échange, bouche cousue, en fait, il ne faut pas faire des vagues, car mon patron n’aimerait pas, car mon patron profite du système. Après on se demande pourquoi les médias mainstream perdent toutes crédibilités sur des enjeux aussi fondamentaux.

 

Les économistes qui ne font pas partie du discours mainstream et  possédant une morale et un minimum d’empathie, on foncièrement 3 choix :

 

1.       Publier un livre.

2.       Écrire sur des blogues spécialisés ou faire leurs propres blogues.

3.       Ou écrire dans le HuffPost.

 

Certains exemples du charlatanisme économiques prônés par certains économistes depuis deux décennies.

 

1.       Définition réelle de la mondialisation :

·       Optimisation et exploitation maximale de la nature humaine à l’échelle mondiale tout en ajoutant certains effets secondaires non négligeables, baisses salariales, évasions fiscales et chantages fiscaux des multinationales.

Ø  Conséquences : Dans les pays occidentaux : vous avez la chance d’acheter une télévision à 300$, mais vous n’avez plus de ‘jobs’.

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2.       Baisser les taux d’intérêt à zéro :

·       Créer une sur consommation, créée une économie par endettement.

Ø  Conséquences à long terme : le peuple devient tellement surendetté qu’il ne consomme plus. Donc, l’économie s’écrase, les revenues s’écrasent et les déficits augmentent majestueusement, ajouter un autre effet secondaire, bulle immobilière profitant au papy et baby-boomer.

3.       Imprimer de l’argent (Q.E.) :

·       Imprimer de l’argent ne donne rien, puisque les gens ne consomment plus, parce qu’ils sont surendettés, à quoi sert d’augmenter la production, si l'on n'est même pas capable d’écouler notre inventaire à moins qu’on remplace l’humain par un robot. Puisque les profits s’accumulent (Dead Money) et l’argent coûte peu cher, il est plus avisé de spéculer que d’investir dans une économie moribonde.

Ø  Conséquences : Rachat d’actions par les multinationales, fusion pour maximiser l’exploitation humaine à l’échelle mondiale, spéculation sur les matières premières (inflation sur le peuple), guerre monétaire, profit excessif pour ceux qui ont déjà du patrimoine.

Une science qui en est pas une !

Devant de tel dérapes, certains groupes d’économistes commencent sérieusement à redéfinir leurs rôles, et d’accepter qu’il y a des limites dans leurs modèles pour tenter de prévoir le comportement de l’économie réelle.

Il y a tellement de variables qu’aucun modèle mathématique ne peut prévoir sérieusement l’évolution d’une économie, on le constate régulièrement quand les projections du FMI sur la croissance mondiale sont toujours supérieures à la réalité économique mondiale.

L’économie n’est pas une science pure, mais une opinion basée sur quelque variable qui est nettement insuffisante pour comprendre l’interaction de centaines de variables comprenant bien sûr celle de l’humain qui est très souvent erratique, donc, on donne beaucoup trop d’importance à leurs opinions médiatisées choisies sélectivement pour satisfaire des politiciens avides d’être réélus.

Il y a de l’espoir (INET)

The Institute for New Economic Thinking is dedicated to the rigorous pursuit of innovative economic theories and methods that address society’s most pressing concerns.

Founded in 2009, we are a nonpartisan, nonprofit organization supporting relevant, pioneering work in the following issue areas:

·        The relationship between finance and the broader economy

·        Inequality and distribution

·        The economics of innovation

·        Environment and resource sustainability

We are building a global community with thousands of new economic thinkers through our grantees and research networks, partnerships with leading universities and institutions, high-profile events, and growing student movements. Interactive education tools are provided at no charge to audiences worldwide.

Our work is grounded in history and is multidisciplinary by nature. We accept that complexity and uncertainty are inherent in economic and financial systems, and we question theories based upon the flawed assumption that humans always behave rationally and predictably.

Traditional economics is failing us. Our goal is to offer hopeful solutions to the key challenges of the 21st century.

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Changing the Conversation

Economists and finance professionals still promote free market fundamentalism, shrinking from drawing even obvious conclusions about the dangers of unfettered markets. Fiscal austerity and deficit reduction continue to be watchwords of both policymakers and theorists, even as global inequality increases exponentially and unemployment equals or exceeds levels of the Great Depression in many countries. Politics chokes reforms that could bring growth and relief to millions, while the many challenges of sustainable development and environmentally friendly innovation are brushed aside.

Neoclassical economics fails to address these challenges, but the resistance to change is substantial — both inside the discipline and in the world at large


Lectures additionnelles :

La complaisance des économistes

À propos de la complaisance des économistes vis-à-vis des milieux financiers et de la légitimation académique de tout un ensemble d’innovations financières à risque, on ne saurait balayer d’un revers de manche une telle critique. Simon Johnson, qui a été conseiller économique et directeur du Département des études du Fonds monétaire international de mars 2007 à août 2008, a dressé un véritable réquisitoire, dans le magazine américain The Atlantic (2009), en mettant en avant les connexions entre les milieux financiers américains et la classe politique, parlant même d’un corridor Wall Street - Washington ayant délibérément organisé la déréglementation bancaire et financière du début des années 2000 sur la base d’une croyance collective selon laquelle :

Ce qui était bon pour Wall Street était bon pour les États-Unis,
et donc pour l’économie mondiale
.

Mais la capture des superviseurs américains s’est-elle accompagnée d’une sorte de capture de l’analyse économique par les lobbys financiers, expliquant la sous-estimation des risques de crise afin de ne pas alarmer les investisseurs ou les clients ?

Aux États-Unis, compte tenu de la mobilité professionnelle des économistes entre les départements de recherche des banques, des banques centrales, des organismes internationaux, et les départements d’économie ou de finance des grandes universités, la question se pose.

L’aveuglement face au désastre du mainstream

Jusqu’en 2007 et les premiers signes de fragilité systémique, une pensée économique dominante s’est maintenue, communément qualifiée de mainstream, recouvrant tout un ensemble de postulats :

1.       l’efficience des marchés financiers ;

2.       l’autorégulation de la prise de risque parmi les banques ;

3.       les vertus stabilisantes des dérivés, notamment des dérivés de crédit ;

4.       la soutenabilité sans effets déstabilisants de l’expansion débridée de la liquidité internationale adossée aux déséquilibres globaux de balances des paiements ;

5.       l’absence de risque d’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis, etc.

Le risque de crise systémique a donc été dramatiquement négligé par les économistes du mainstream qui ont joué un rôle dans la légitimation idéologique de la nouvelle architecture financière qui s’est progressivement installée aux États-Unis, puis parmi un grand nombre de pays développés, dans les années 1990, et qui s’est approfondie dans la première moitié des années 2000.


Rising Arrogance and Declining Debate in Economics

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Posted on January 27, 2015 by Keith Harrington

Two recently released studies have highlighted very dangerous trends in mainstream economics that shield the profession from the kind of reflexive critical thinking that’s needed to keep it honest and relevant to the real world. The first, entitled “The Superiority of Economists” highlights the idiosyncratic arrogance that’s taken hold of the profession. Alan Harvey with IDEA Economics provides a synopsis:

[The] study finds that, compared to other social scientists, economists consider themselves elites, smarter than others, not needing to explore outside their discipline, worthy of being listened to first when it comes time to fix things; and this view may actually be accepted those other social scientists, who place themselves and their disciplines at the fringe looking in. Other findings suggest that a dominant view, or party line, is more widely shared within Economics than in other social sciences. It is enforced by a more strict hierarchy and by a narrower control group, associated with elite institutions. Prestige and compensation may ratify economists’ standing in the profession as much as competence or demonstrable results.

This narcissistic exceptionalism and dogmatic thought-policing not only severs cross-disciplinary connections to other social sciences but stifles debate within the profession itself. That’s the finding of the other recent study by Welsh researcher Joe Francis. Francis tracked the incidence of debate over a ninety-year period between scholars in the “big five” economic journals – two of which are American Economic Association publications. Using search terms such as “comment” “reply” or “rejoinder,” Francis found that the number of articles containing such terms declined dramatically since the 1960s – from over 20% in 1968 to just 2% in 2010. Unsurprisingly, Francis traces this decline to the marginalization Marxian and Keynesian thought by the mainstream during the neoclassical and neoliberal counterrevolution of the 1970s.

Réf: Rising Arrogance and Declining Debate in Economics


Lectures supplémentaires :

1. Dérapage de la gauche: Dette, Fonction publique, Peuple

2. Dérapage de la droite: Libéralisation et CDS

3. Dérapage de la droite: Mondialisation

4. Dérapage de la droite: Fiscalité, Évasion, Salaires, Subvention

5. Dérapage de la droite : Finance: cupidité excessive

6. Les gagnants : La classe moyenne des pays émergents

7. Les perdants : La classe moyenne des pays occidentaux

8. Dérapage de la droite: Banques : Trillions de profits, Peuple : Trillions de dettes

9. Dérapage de la droite: Le capitalisme de copinage

10. Dérapage de la droite : La monnaie singe des banques centrales

11. Dérapage : QE (pour maintenir son train de vie)

12. Dérapage : les taux d’intérêts à zéro sinon négatif

13. Dérapage : Les économistes scélérats

14. Dérapage : Les politiciens sont-ils ignorants ou incompétents ?

15. Dérape : Profits sans prospérité

16. Dérape : Des démocraties déresponsabilisantes

17. Dérapage Harper : Baisser les impôt de société, le Canada un désastre économique (1)

18. Dérapage Harper : Un $ cdn surévalué trop longtemps, le Canada un désastre économique (2)

19. Dérapage Harper : La plus grosse bulle immobilière pour créer une économie artificielle par endettement (3)

20. Dérapage Harper : D’avoir créé une économie asymétrique (4)

21. Dérape Harper: multiples signatures d’accords de libre-échange totalement inefficace (5)

22. Conclusions des dérapages