Dérapage : Les politiciens sont-ils ignorants ou incompétents ?

Dérapage : Les politiciens sont-ils ignorants ou incompétents ?

Imaginé du jour au lendemain, M tout le monde doit gérer des milliards, avez-vous l’expertise nécessaire ?

Et bien, c’est qu’on demande au politicien, M. Tout le Monde devient gestionnaire d’un budget qui dépasse souvent les milliards, ils n’ont absolument pas l’expertise nécessaire pour le faire.

De plus, il ne faut jamais oublier que le premier rôle d’un politicien n’est pas de satisfaire la pérennité d’une province ou un pays, mais de se faire réélire, l’ensemble de ces décisions seront prises selon cette ligne directrice à moins de subir une influence extérieure qui l’oblige à sortir de cette ligne directrice.

A.  Ignorance ou incompétence ?

J’ai souvent eu la chance de rencontrer des politiciens, j’avoue que leur niveau d’expertise est très minimalisme, ils n’ont absolument PAS LA FORMATION pour gérer l’ampleur de tels budgets.

Essayons de créer différents scénarios pour remplir la fonction de ministre des Finances qui tente de rééquilibrer le budget.

Scénario 1 : Choisissons un économiste.

Supposons que le premier ministre choisi est un économiste pour gérer les finances, malheureusement, je pense c’est le pire candidat, car, il a la prétention de comprendre l’économie réelle à cause qu’il l’a lu dans un livre, de plus, n’ayant pas la pluralité dans leur formation générale (sociologique, anthropologique, entrepreneurial …), la dure réalité économique est nettement plus subtile qu’une simple équation mathématique ou quelques graphiques.

Au Québec nous avons eu multiples premiers ministres ou ministres des Finances étant économiste, en voici quelqu’un (Nicolas Marceau, Landry Parizeau, Monique Jérôme-Forget, Carlos J Leitão), résultats si la province était un pays, on serait le cinquième pays le plus endetté au monde, donc, nous avons eu les 5 nièmes politiciens les plus incompétents au monde.

Scénario 2 : Choisissons un entrepreneur autre que ceux qui font du ‘crony capitalism’

Il a une excellente formation pour rééquilibrer le budget, car une compagnie ne peut faire constamment des pertes sans faire faillite, contrairement aux pays qu’ils peuvent emprunter indéfiniment aussi longtemps qu’ils paient ces intérêts. Possède une excellente analyse de synthèse, car pour survivre, il a constamment pris des décisions complexes avec multiples variables tout en maintenant une profitabilité de sa compagnie dans une économie mondialisée ou tous les coups sont permis.

Le problème majeur, c’est qu’il n’a pas la même latitude décisionnelle dans le public que dans le privé. Supposons que la compagnie a des difficultés financières, il peut délocaliser pour réduire les coûts de production, automatiser sa production, réduire le nombre d’employés ou réduire la masse salariale ou appliquer les quatre solutions en même temps.

Dans le public, c’est là que ça se corse,

Délocaliser, on n’y pense pas, pourtant, étrangement, dans certains pays européens ça se fait dans le milieu de la santé, on pourrait très bien dire, si cela prend trop de temps dans notre système santé pour satisfaire une intervention majeure après six mois d’attente, on pourrait la transférer dans une autre province. Oups !, nos médecins ou nos syndicats de la santé n’apprécieraient pas !

Automatiser ou augmenter sa productivité : pour être efficace, il faut réinstaurer l’imputabilité, tant aussi longtemps que la sécurité, la permanence et l’ancienneté sera maintenu dans les conventions collectives, l’efficacité va être juste un phantasme de l’esprit.

Réduire le nombre d’employés, historiquement on le constate chaque année il y a de plus en plus d’employés d’États, malheureusement, c’est une technique standard d’un politicien pour réduire le taux de chômage, on engage des fonctionnaires, malheureusement, ce n’est pas une source de revenus, mais une dépense, petit détail !.

Réduire la masse salariale, oubliez cela, les conventions collectives sont figées dans le béton et malheureusement en Amérique du Nord, les syndicats de la fonction publique sont des syndicats de confrontations, leurs avantages acquis par chantage syndical depuis des décennies vont vouloir être maintenus même si la province ou le pays fait faillite.

Donc, sa marge de manœuvre est très mince, ces qualités de bons gestionnaires sont embourbées dans des conventions collectives inaltérables.

Scénario 3 : Choisissons un M. tout le monde ou un avocat (pour satisfaire son ego).

Au moins lui, il n’a aucune prétention, il ne connaît pas grands choses, donc, il a besoin de conseil, donc, il va demander avis à plusieurs types d’experts pour tenter de réduire les déficits.

B.   Pour améliorer l’ignorance, quels conseillers va-t-il choisir ?

1)      Le haut fonctionnaire ou l’économiste universitaire :

Malheureusement, tous deux font partie du problème, jamais, ils ne conseilleront de réduire leurs masses salariales, leurs avantages sociaux trop généreux ou leurs retraites dorées insolvables et illégales. Ils vont tous suggérer d’augmenter les taxes à tous les niveaux, bien sûr pour maintenir leurs trains de vie.

Remarquez, ce que le Québec a fait depuis au moins depuis deux décennies, la dernière fois qu’on a baissé la masse salariale de la fonction publique, cela fait plus de 20 ans, qui ont été imposés par les financiers de Wall Street durant la période du premier ministre Bouchard. Donc, avec cette simplicité de raisonnement de taxer sans arrêt, le peuple devient tellement cassé qu’il ne dépense plus à moins d’utiliser la marge de crédit à outrance.

2)      Un économiste financier du milieu bancaire

Pour lui, tout est simple, plus c’est chaotique, plus que le monde est bordélique, plus il fait d’argent. Plus que le pays est endetté, plus que le peuple s’endette, plus qu’il y une bulle immobilière, plus qu’il devient riche en vous passant de l’argent virtuel, mais en vous s’imposant de rembourser les intérêts et le capital avec le vrai argent que vous avez durement gagné. En fait, c’est tenter d’être avisé par le diable qui a lui-même créé la situation en finançant les pays à outrance, tout en ne tenant pas compte du remboursement du capital, ce qu’il n’aurait jamais accepté pour un individu ou une entreprise.

3)      Le milieu syndical

Peut-être, mais il y a un équilibre en tout, ce qui fait défaut dans nos types de syndicats en Amérique du Nord, ce sont des syndicats de confrontations, ils ne veulent absolument pas perdre aucun privilège. La plus forte dépense d’un gouvernement est la masse salariale, les avantages sociaux et leurs retraites dorées insolvables, mais devant leurs intolérances au changement surtout financier, ils possèdent peu de crédibilité.

4)      Le conseil du patronat

Arme à double tranchant, il pourrait l’influencer à stimuler plus de revenus autres de prendre la solution facile de taxer, par contre, il y du bon capitalisme et du crony capitalisme, ou certaines compagnies survivent grâce aux subventions ou demande l’implication majeure d’investissement de l’État en ayant un retour d’investissement douteux (ex : Plan Nord).

On a juste à prendre l’exemple lamentable de Bombardier actuellement, on demande des milliards en subventions, mais en même temps on délocalise les emplois au Mexique, totalement pathétique.

Cela demande de la finesse et d’expérience de la part du M. tout le monde, pour distinguer un bon investissement ou un mauvais, loin d’être évident de déterminer si le potentiel des emplois créés est véritablement rentable.

5)      Un expert neutre ne favorisant aucune idéologie

Ce qui est foncièrement rare, un homme indépendant financièrement ayant une excellente connaissance de l’économie réelle, accompagnée d’une excellente analyse de synthèse, ne court pas les rues.

Un peu comme l’auteur de Québec Droite, un entrepreneur qui a réussi à exporter de la haute technologie dans le monde entier, ayant un esprit d’entrepreneur, mais consacrant à sa retraite plus de 16,000 heures de sa vie (4,000 carnets à 4 heures) équivaut à 8 ans, 40 heures semaines pour comprendre la subtilité de l’économie réelle.

L’origine du GATT, la création monétaire, les différentes solutions pour la santé et l’éducation dans le monde, connaître les embûches de la mondialisation débridée, sans avoir de partis pris, juste être capable de faire un équilibre en le plus et le moins.

Malheureusement ce type d’individu ayant ce genre d’expertises sont des espèces rares, d’où le pourquoi que ce blogue a plus de 10 millions de clics.

Car on parle de vrais enjeux, non des enjeux d’illusions dans les médias mainstreams qui ne posent jamais les vraies questions, n’obtenant pas de véritables solutions à nos véritables problèmes quotidiens.

C.   La limite géopolitique des politiciens

Souvent on entend le commentaire suivant du peuple, qu’il arrête de taxer le peuple et qu’il augmente les impôts des multinationales qui font de l’évasion fiscale, le problème c’est que le ministre Couillard ou le ministre M. Trudeau n’a à peu près aucun contrôle de la situation.

Car, celui qui pourra réduire l’évasion fiscale est le G20 et les ministres prônant l’ultra libéralisme dans le G20, sont les mêmes qui sont aux pouvoirs grâce à l’appui des financiers, petits problèmes !

Prenons, un cas simple, quand M. Couillard a décidé de hausser les impôts des institutions financières dans un contexte où tous doivent mettre l'épaule à la roue, mais comme le Québec ne vit pas en vase clos, cette mesure aura des effets. En haussant les impôts avec la taxe sur la masse salariale, les banques qui ont des activités au Québec paieront donc 8,74%. Ailleurs, comme en Ontario, la taxe sur la masse salariale est de 1,95%, Cette taxe est inexistante en Alberta et en Colombie-Britannique. Autrement dit, un emploi payé 75 000$ au Québec coûte à une banque environ 5100$ de plus qu'en Ontario en taxes sur la masse salariale. Où croyez-vous que la Banque Royale choisira de créer un emploi, toutes choses égales par ailleurs ?

Vous voyez le problème, tout est lié, cette décision aurait être dû pris par le fédéral, malheureusement le fédéral a des liens très incestueux avec Bay Street, augmenté les impôts de nos banques, quel malheur, je risque de perdre des amis. Pourtant l’Allemagne n’a aucun problème de soumettre à ces banques des taux d’imposition de 51 %.

Alors, pour empêcher le chantage classique, si cela coûte trop chers, on va faire nos opérations ailleurs, on n’a pas voulu traumatiser nos banques, on n’a appliqué cette hausse que temporairement.

Depuis la mondialisation débridée et le libéralisme financier, aucune décision majeure ne peut être prise sans l’assentiment du G20, et soyez assurés que le milieu financier va maintenir l’état chaotique du G20 pour qu’aucune décision majeure ne se prenne à l’encontre de leurs intérêts.

Donc, M Couillard et M. Trudeau n’a aucun contrôle sur l’évasion fiscale des multinationales, et s’ils deviennent trop agressifs avec les multinationales, ceux-ci vont répliquer, si vous n’être content on va aller faire nos opérations ailleurs, le chantage classique, quoi !

Entre temps au Québec, on fait de l’agressivité fiscale sur les PME ou sur le petit peuple, pour tenter de maintenir des privilèges insolvables, tout en leur faisant la morale ‘d’être des bons concitoyens’, n’est-ce pas totalement pathétique et risible !

D.  La ligne de partie

Alors, notre politicien est limité sur une périphérie locale à défaut de contrôler les dérapages de la mondialisation, il peut limiter les dégâts en réduisant les dépenses ou augmenter la productivité de sa fonction publique.

Supposons que notre ministre décide d’abolir la sécurité, la permanence, l’ancienneté dans la fonction publique pour la rendre plus efficace. La plus grande opposition va venir de son propre parti, car un parti politique n’est est là pour la pérennité d’une nation, mais plus tôt pour garder le pouvoir.

On a juste à examiner les finances lamentables des États Providence, comment l’ensemble des partis des pays sans distinction ont très mal géré leurs finances depuis au moins 2 décennies.

De plus, dans notre système politique, nos députés sont plutôt des marionnettes. La discipline de parti donne trop de pouvoir au premier ministre et au cabinet et réserve aux députés le rôle d’approuver inconditionnellement les décisions de leur parti.

Le recours au vote libre est un moyen souvent préconisé pour assouplir la discipline de parti on permettrait à une plus grande diversité d’intérêts et d’opinions de s’exprimer et, en rendant le résultat des votes moins prévisibles, elle aurait pour effet de relever le niveau du débat et d’approfondir l’étude des questions.

Mais, c’est la dernière chose qu’on veut, car on enlèverait une grande influence des groupes d’intérêts qui mettent les partis au pouvoir, d’où l’origine de la corruption.

On ne peut pas parler sérieusement des dérapages de nos finances sans parler de nos failles démocratiques, qui est le sujet le plus tabou de nos médias, qui va être le dernier carnet sur les dérapages.

Exemple d’ignorance

On va se déplacer à Londres qui est le centre financier de l’Europe, on a demandé aux parlementaires anglais, si les banques créaient de l’argent. Incroyable, 90 % des parlementaires britanniques ne le savaient même pas, 95 % du crédit n’est que virtuel, pourtant nous sommes situées au deuxième plus gros centre financier du monde.

Politiciens ignorances

Si tu ne connais même pas comment le crédit est créé, comment peux-tu connaître comment le système bancaire génère son profit, et comment ce crédit crée de nulle part peut faire déraper l’ensemble d’une économie, s’il est trop excessif.

Je n’oserai même pas demander la question au parlementaire québécois, je ne serai pas surpris si 99 % de nos députés n’en a aucune idée, imaginer ce sont eux qui gèrent nos milliards. Par contre, une dette publique de 276 milliards pour seulement 8,4 millions d’habitants, démontre assez bien leur niveau de compétence.

En résumé

L’ignorance et la compétence sont intimement liées.

Notre politicien est-il incompétent parce qu’il est ignorant ? Ou ignorant parce qu’il est incompétent ?

Malheureusement, le problème que nous avons, il gère nos milliards actuellement !


Lectures supplémentaires :

1. Dérapage de la gauche: Dette, Fonction publique, Peuple

2. Dérapage de la droite: Libéralisation et CDS

3. Dérapage de la droite: Mondialisation

4. Dérapage de la droite: Fiscalité, Évasion, Salaires, Subvention

5. Dérapage de la droite : Finance: cupidité excessive

6. Les gagnants : La classe moyenne des pays émergents

7. Les perdants : La classe moyenne des pays occidentaux

8. Dérapage de la droite: Banques : Trillions de profits, Peuple : Trillions de dettes

9. Dérapage de la droite: Le capitalisme de copinage

10. Dérapage de la droite : La monnaie singe des banques centrales

11. Dérapage : QE (pour maintenir son train de vie)

12. Dérapage : les taux d’intérêts à zéro sinon négatif

13. Dérapage : Les économistes scélérats

14. Dérapage : Les politiciens sont-ils ignorants ou incompétents ?

15. Dérape : Profits sans prospérité

16. Dérape : Des démocraties déresponsabilisantes

17. Dérapage Harper : Baisser les impôt de société, le Canada un désastre économique (1)

18. Dérapage Harper : Un $ cdn surévalué trop longtemps, le Canada un désastre économique (2)

19. Dérapage Harper : La plus grosse bulle immobilière pour créer une économie artificielle par endettement (3)

20. Dérapage Harper : D’avoir créé une économie asymétrique (4)

21. Dérape Harper: multiples signatures d’accords de libre-échange totalement inefficace (5)

22. Conclusions des dérapages