Dérape : Profits sans prospérité

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Un des effets pervers que nos apprentis sorciers des banques centrales n’avaient pas prévus en baissant les taux directeurs presque à zéro.

clip_image004Les gestionnaires de fonds (assurance, fonds spéculatif (hedge funds), fonds de retraite) ont besoin de rendement, malheureusement en achetant des obligations souveraines, municipaux ou des émissions d’obligations de compagnies, le rendement n’est pas au rendez-vous à cause des taux d’intérêt trop bas.

Donc, ils se tournent vers un monde spéculatif, le marché des actions, en obligeant ainsi la haute direction à émettre des dividendes ou faire hausser la valeur de l’action pour faire un gain de capital rapidement, et bien sûr, la haute direction va être choisis et rémunérer en conséquence pour satisfaire l’avidité de l’actionnariat même en risquant la pérennité de la compagnie.

Juste au cours des deux dernières années, 92 % des bénéfices des sociétés en Amérique ont été réinvesti à racheter leurs propres actions, ou à payer sous forme de dividendes pour faire augmenter la propre valeur de l’action.

Profits without prosperity

Vidéo provenant de Havard Business Review

Donc, pour la haute direction de la compagnie une façon facile d’augmenter la valeur de l’action est de réduire les investissements à long terme et utiliser ce profit et/ou emprunter clip_image006(car les intérêts sont très bas) pour acheter leur propre stock. Et lorsque vous achetez votre propre stock, ce qui signifie que vous ne mettez pas de l'argent dans la formation de capital. Vous ne créez pas de nouvelle usine. Vous n’embauchez pas. Vous réduisez votre recherche et développement. Et si vous avez une moralité douteuse vos licenciés vos employés, pour faire encore plus de profits et ce profit servira à acheter encore plus d’action, voir HP, ajouté une petite délocalisation sera la cerise sur le sundae pour satisfaire les actionnaires.

Ces manœuvres financières cannibalisent la compagnie, accélèrent sa décroissance, car elle est moins compétitive par rapport à ces concurrents. De plus, elle crée une inégalité des classes entre ceux qui ont le capital pour spéculer et le reste de la population qui a juste les moyens d’équilibrer les budgets.

clip_image008Donc en gros, c’est le secteur financier qui se retrouve avec beaucoup de gains avec peu de d’efforts, car, le véritable jeu, si vous êtes à Wall Street, c’est de convertir les profits des compagnies en gain de capital.

Donc, on s’assure que la haute direction soit rémunérée en fonction de la hausse de la valeur de l’action ou l’émission des dividendes.

En fait, ils sont de simple marionnette pour satisfaire la voracité du secteur financier.

Il est difficile même pour le PDG le plus dévoué de ne pas suivre cette tendance au risque de perdre leur emploi. La constante pression pour produire des résultats trimestriels pour satisfaire les locataires (actionnaires spéculatifs), pas les propriétaires à long terme, qui vont à échanger votre stock dès qu'ils peuvent empocher un gain rapide.

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En examinant les 449 entreprises dans l'index de S & P 500 qui ont été cotées entre 2003 et 2012. Durant cette période, ces entreprises ont utilisé 54 % de leurs profits pour racheter leurs propres actions — un total de $ 2,4 trillions —, de plus, 37 % de leurs revenus ont été en dividendes. Ce qui reste très peu pour de l’investissement productif ou améliorer les salaires des employés environ 9%.

C'est mauvais pour l'économie de deux façons.

1.      Comme la croissance de la population active ralentit considérablement à cause du facteur du vieillissement, la croissance économique dépendra de plus en plus d’une productivité améliorée obligeant une augmentation des investissements en capital par travailleur. Ne pas effectuer de tels investissements vouera notre économie d'une nouvelle norme de croissance lente. 

2.      De nombreux chefs d'entreprise dire qu'ils sont réticents à faire des investissements à long terme sans attentes raisonnables de la demande croissante de leurs produits. Cela nous amène à la deuxième façon dont le court-termisme est mauvais pour l'économie. Si les employeurs refusent de partager les gains avec leurs employés, la croissance de la demande sera anémique. Car, la demande des consommateurs provient de leurs salaires.

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Certaines solutions :

1)      Est de modifier le code pour le gain de capital en allongeant à trois ans la tenue de la période nécessaire pour se qualifier pour le traitement des gains en capital, si la vente de l’action se fait à l’intérieur de 3 ans le taux taxation seraient très élevés selon la durée.

2)      Simplement bannir le rachat d’actions par les compagnies.

3)      Changer l’orientation des CEO sur la création, non sur l’extraction des profits.

4)      Inclure dans le conseil d’administration des employés pour protéger leurs intérêts, comme en Allemagne.

5)      Modifier les impôts des sociétés pour qu’ils soient motivés à investir et à innover dans leurs pays.


Hewlett-Packard Co

Quand Carly Fiorina a commencé chez Hewlett-Packard Co en juillet 1999, une de ses premières actions comme chef de la direction a été de racheter les actions de la société. Au moment où elle a été évincée en 2005, HP avait racheté $ 14 milliards de ses actions, pour $ 12 milliards de bénéfice pendant cette période. Son successeur, Mark Hurd, a encore racheté plus d’action durant ses cinq années en charge – $ 43 milliards, par rapport aux bénéfices de $ 36 milliards. Après lui, Leo Apotheker a acheté plus de $ 10 milliards en actions avant la fin de son mandat qui a duré 11 mois en 2011.

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Les trois chefs de la direction, en l'espace d'une dizaine d'années, ont racheté plus 67 milliards d’actions, qui est devenue la norme pour de nombreuses grandes entreprises durant les deux dernières décennies : grands rachats de l’utilisation de la trésorerie, couplée à certaines acquisitions pour augmenter les ventes, pour satisfaire l’objectif premier augmenter la valeur de l’action.

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Émission de rachat d’achat d’action par HP

Beaucoup d’argent aux mains des actionnaires particulièrement pour les gestionnaires de fonds institutionnalisé de Wall Street tout en compensant généreusement la haute direction, car le salaire est principalement basé sur la hausse de l’action et les dividendes.

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Mais après six ans, son marché a rétréci et sa pénétration aussi par rapport à ces concurrents, ces manœuvres financières ont cannibalisé l'innovation, créant une décroissance, aggravant l'inégalité des revenus et réduisant sa propre compétitivité.

HP était l'enfant prodige d'une entreprise innovante qui a conservé les bénéfices et réinvestit dans les capacités productives des employés. Depuis 1999, cependant, il s’est détruit lui-même par la réduction de ses propres des effectifs, bien sûr, en compensant généreusement aux passages les bénéfices aux actionnaires. En fin de compte, les efforts de redressement et de restructuration de HP coûteront 80 000 emplois.


1)      As stock buybacks reach historic levels, signs that corporate America is undermining itself, By Karen Brettell, David Gaffen and David Rode, Reuters,Nov. 16, 2015

 

2)      The Financial System Is A Larger Threat Than Terrorisme, Paul Craig Roberts, Économic populist, March 13, 2016

 

3)      Profits Without Prosperity, William Lazonick, Harvard University, September 2014



Lectures supplémentaires :

1. Dérapage de la gauche: Dette, Fonction publique, Peuple

2. Dérapage de la droite: Libéralisation et CDS

3. Dérapage de la droite: Mondialisation

4. Dérapage de la droite: Fiscalité, Évasion, Salaires, Subvention

5. Dérapage de la droite : Finance: cupidité excessive

6. Les gagnants : La classe moyenne des pays émergents

7. Les perdants : La classe moyenne des pays occidentaux

8. Dérapage de la droite: Banques : Trillions de profits, Peuple : Trillions de dettes

9. Dérapage de la droite: Le capitalisme de copinage

10. Dérapage de la droite : La monnaie singe des banques centrales

11. Dérapage : QE (pour maintenir son train de vie)

12. Dérapage : les taux d’intérêts à zéro sinon négatif

13. Dérapage : Les économistes scélérats

14. Dérapage : Les politiciens sont-ils ignorants ou incompétents ?

15. Dérape : Profits sans prospérité

16. Dérape : Des démocraties déresponsabilisantes

17. Dérapage Harper : Baisser les impôt de société, le Canada un désastre économique (1)

18. Dérapage Harper : Un $ cdn surévalué trop longtemps, le Canada un désastre économique (2)

19. Dérapage Harper : La plus grosse bulle immobilière pour créer une économie artificielle par endettement (3)

20. Dérapage Harper : D’avoir créé une économie asymétrique (4)

21. Dérape Harper: multiples signatures d’accords de libre-échange totalement inefficace (5)

22. Conclusions des dérapages