Qu’est ce qu’un Hard Brexit?

Toujours des excellents textes de Bruno Bertez


Qu’est ce qu’un Hard Brexit? Une vraie sortie! Pas un pied dedans et un pied dehors.

Les Européens  ont perdu quasi tout levier  sur les  Britanniques ce  qui à notre sens les expose au ridicule. On se souvient des rodomontades des Hollande et autres qui voulaient faire payer, punir les britanniques d’avoir osé divorcer d’avec l’Europe: ils allaient le payer cher dans les négociations, on allait les humilier.

Le plan , la posture européenne tombe à l’eau: les Britanniques ont choisi, ils veulent , ils acceptent de sortir entièrement, pas à moitié, ils ne demandent aucun traitement de faveur pour l’accès au marché européen!

C’est cela le Hard Brexit.

Theresa May ne recherchera pas de partenariat partiel avec L’UE,

« nous voulons une Grande Bretagne qui se gouverne elle même, nous ne voulons rien qui nous laisse « half in, half out ».

Nous ne voulons pas adopter un modèle imposé par d’autres pays, nous ne cherchons pas à conserver la moindre bribe de « membership ».

Nous sommes là pour quitter l’Union , et c’est tout ».

Nous sommes loin des positions initiales de Theresa May laquelle voulait faire le grand écart, le beurre et l’argent du beurre, une sorte de statut privilégié, une sorte de statut à la carte comme le disaient goguenards  en s’en réjouissant les européens de Bruxelles. Avec cette position bâtarde initiale la Grande Bretagne était en position de faiblesse, de demandeur et les Hollande , Renzi et autres s’en régalaient, on allait pouvoir l’humilier et surtout donner un exemple. Ils se voyaient déjà humilier les Britanniques comme ils l’avaient fait pour les Grecs!

En fait May reprend la position initiale qu’avait Andrea Leadsom en Juillet dernier, elle abandonne les illusions et perd l’idée  comme le dit la presse Britannique de manger son cake et de le conserver en même temps, « to have her cake and eat it too. May s’oriente vers une position « certaine et claire », vers une « Grande Bretagne forte » « une » Grande Bretagne souveraine et sure d’elle même » et surtout une « Grande Bretagne tournée vers le Grand Large, au delà de l’Europe ». Et elle accepte d’en payer le prix, ce qui est déterminant car cela va coûter cher.

Et c’est là qu’intervient Trump, il a affirmé que son administration allait travailler afin de conclure un accord très rapidement avec la Grande Bretagne, « quickly » et « properly » .

La main tendue de Trump est une main amicale; il veut montrer que les Etats-Unis considèrent un accord commercial avec les anglais comme prioritaire et qu’il n’y a pas que le Marché Unique européen. Les anglais peuvent compter sur leurs amis. En fait tout cela joint aux attaques de Trump contre l’Allemagne , tout cela change la donne des négociations à venir. C’est une terrible pierre dans le jardin européen. De position de force, ils passent à une position de faiblesse.

Nous avons toujours considéré que la logique du Brexit était qu’il soit « hard », il ne pouvait être « in » et « out » en même temps tant était crucial le problème du contrôle des frontières, de l’immigration et de la souveraineté. La question qui se pose  maintenant est celle des services financiers de la City d’une part et du modèle de développement que choisira la Grande Bretagne d’autre part.

Mark Carney, le Gouverneur  n’est pas pessimiste et il a répété à plusieurs reprises que contrairement aux apparences, l’Union Européenne avait beaucoup à perdre en déclarant la guerre financière à la City comme Hollande et les Allemands veulent le faire. Nous sommes convaincus que Carney a raison, les gens  de l’Eurozone ont plus besoin de la City que l’inverse, surtout si au plan géopolitique, les Britanniques continuent de bien jouer leur carte avec l’aide des Etats -Unis: la force  et le rôle  de la City, c’est de la géopolitique et de la diplomatie, pas seulement de la technique comme le croient les Eurozonards.La City c’est un tissus, un fonds de commerce qui a des siècles, de la matière grise, c’est le cerveau. Pour nous, en faisant le choix du Grand Large contre celui de  l’Europe, la City se libère d’une hypothèque , celle de la réglementation, celle de l’insécurité financière, celle de la fiscalité.

Welt am Sonntag demandait à Hammond il y a quelques jours si le futur business model de la Grande Bretagne n’allait pas être celui de la concurrence fiscale, celui du paradis fiscal européen. C’est le point sensible. Ou plutôt, le point fort.  Le gouvernement Britannique conserve cette possibilité, c’est un atout et une menace dans les négociations: la concurrence fiscale .  déjà il a expliqué vouloir introduire le taux d’impôts le plus bas de tous les grands pays industrialisés pour favoriser son redéploiement…on peut aller plus loin!

En Prime

U.K. Prime Minister Theresa May is due to give a speech at around 6:45 a.m. ET in which she will outline plans for Britain to pull out of the European Union. She will say that she has no interest in “anything that leaves us half-in, half-out,” according to extracts released by her office. The pound, which weakened following press reports about the speech over the weekend, was trading at $1.2174 by 5:00 a.m. ET, a level close to Friday’s close. Inflation data released this morning showed consumer-price growth increased to 1.6 percent in December, the highest level in over two years, and ahead of economists’ expectations for a 1.4 percent increase.

Source: Qu’est ce qu’un Hard Brexit? Une vraie sortie! Pas un pied dedans et un pied dehors