Trump affaiblit les devises asiatiques face au dollar

Plusieurs pays sont contraints d’intervenir sur les marchés de change pour maintenir la force de leur monnaie. La Chine, elle, a introduit d’autres mesures pour endiguer la chute du yuan.

Les monnaies asiatiques subissent de plein fouet les conséquences de l’élection du républicain Donald Trump à la présidence des Etats-Unis.

·       Plan de relance,

·       baisse d’impôts,

·       déréglementation bancaire,

·       mesures protectionnistes,

autant des mesures annoncées et répétées à l’envie qui rendent le dollar de plus en plus robuste. Par conséquent, les pays asiatiques se voient leur monnaie s’affaiblir inexorablement depuis novembre dernier et leurs exportations dégringoler mois après mois.

US Yuan

Pékin n’est pas resté les bras croisés et intervenu à plusieurs reprises depuis le début de l’année sur le marché de change pour contenir la baisse du renminbi. En effet, celui-ci a pris des couleurs ces derniers jours. Le gouvernement indien a également acheté massivement des dollars afin d’enrayer la chute de la roupie.

Le dollar sur une trajectoire haussière

Dans une note publiée lundi, HSBC prévoit la persistance de cette volatilité durant les 100 premiers jours de Donald Trump à la Maison-Blanche. Selon la banque, il faudrait au moins ce délai pour comprendre de façon certaine la politique économique de la nouvelle administration américaine. Elle rappelle aussi que cette volatilité se reproduit à chaque changement d’administration à Washington. «L’annonce concrète du plan de relance de Donald Trump devrait maintenir le dollar sur sa trajectoire haussière», écrit la banque.

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Pour HSBC, la situation se compliquerait encore plus pour les monnaies asiatiques si le président américain mettait sa menace d’imposer des droits de douane punitifs sur les exportations en provenance de Chine et d’autres pays d’Asie en exécution.

Enfin, une autre mauvaise nouvelle guette, selon la banque, les exportations asiatiques: la répudiation de l’Accord de partenariat transpacifique par les Etats-Unis, comme l’a annoncé lundi Donald Trump.

Se parer au pire

Toute l’Asie prend au sérieux les risques que comporte une monnaie en constante dévaluation. Mais Pékin va plus loin. Après avoir eu recours massif à ses réserves en devises pour enrayer la baisse du yuan, il vient de prendre deux importantes mesures pour se parer au pire. La semaine dernière, elle a déclaré la guerre aux investissements «irrationnels» à l’étranger.

1.      Selon le quotidien officiel China Daily, les acquisitions dans les industries lourdes ou dans les matières premières (énergie, mine, pétrole) sont à décourager. A l’inverse, le feu vert sera maintenu dans des secteurs stratégiques comme les trains à grande vitesse, le nucléaire et les télécommunications. Selon une estimation de la banque Standard Chartered, 730 milliards de dollars ont quitté la Chine en 2016.

2.      La deuxième mesure visant à stabiliser la monnaie nationale concerne l’interdiction de réaliser des transactions en yuans à l’étranger à moins de ramener des montants équivalents au pays. Ainsi une banque pourrait émettre 100 yuans pour réaliser une affaire dans un autre pays seulement si elle encaisse cette même somme à l’étranger. Selon le Financial Times de lundi, l’objectif est, une nouvelle fois, d’endiguer la dépréciation de la devise chinoise face à un billet vert qui ne cesse de s’apprécier sous l’effet Trump.

Extrait de : L’effet Trump affaiblit les devises asiatiques face au dollar, Le temps, 23 janvier 2017